
Pillion
Entre romance queer et film BDSM, Harry Lighton signe un premier long métrage d’une étonnante maîtrise. Porté par Harry Melling et Alexander Skarsgård, Pillion fait de la domination et de la soumission une bouleversante carte des sentiments, où la crudité des corps laisse peu à peu surgir une infinie tendresse et toute la complexité du lien amoureux. Prix du scénario à Un certain regard en 2025.
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Les Echos du passé
Sur un siècle, dans une ferme de l’Allemagne rurale, Mascha Schilinski suit quatre jeunes filles à travers les époques. Grâce à une mise en scène virtuose et une narration labyrinthique, la réalisatrice compose une fresque aussi glaçante que bouleversante, où les violences faites aux femmes se transmettent de génération en génération. Le film a obtenu le Prix du jury au Festival de Cannes en 2025.
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The Mastermind
Dans le Massachusetts des années 1970, un menuisier au chômage (Josh O’Connor) se lance dans le vol d’œuvres d’art. La baroudeuse Kelly Reichardt (Wendy et Lucy, First Cow) détourne le film de braquage avec son sens unique du tempo et de l’observation, dressant le portrait d’un antihéros indolent, privilégié et profondément égoïste, tandis que les véritables « mastermind » sont les femmes qui l’entourent
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Aucun autre choix
Adaptant Le Couperet de Donald E. Westlake, Park Chan-wook transpose en Corée du Sud cette fable noire sur un père de famille licencié (Lee Byung-hun) prêt à éliminer ses rivaux pour retrouver un emploi. Entre satire sociale et thriller, le cinéaste transforme dans une mise en scène virtuose la violence du capitalisme en ballet d’humour noir et ravageur.

The Plague
Dans ce camp de water-polo pour garçons, les vacances virent au cauchemar. Accusé par le leader de la bande d’avoir la peste en raison de son corps recouvert de plaque de boutons, le jeune Eli est moqué, ostracisé et martyrisé. Quand Ben, douze ans, débarque au camp, on lui fait vite comprendre de rester à distance du pestiféré, au risque de chopper sa « maladie » voire pire, d’être exclu socialement. Le premier long métrage du très prometteur Charlie Polinger nous immerge dans la loi de la jungle de la puberté masculine. Et évoque aussi bien Brian de Palma que David Robert Mitchell.
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Pédale rurale
Antoine Vazquez filme Benoît, revenu en Dordogne après la ville, dans un portrait tendre, complice et combatif. Avec lui, et à travers l’organisation d’une Pride des campagnes, le film devient un espace de réappropriation des imaginaires LGBTQI+. S’y inventent des façons de se dire, de s’ancrer, de poétiser le paysage par le geste, les danses, les grandes jupes qui tournent.

Le Cri des gardes
Adaptant Combat de nègre et de chiens de Koltès, la grande Claire Denis revient en Afrique de l’Ouest pour filmer une nuit sur un chantier postcolonial. Entre deux expatriés blancs (Matt Dillon et Tom Blyth) et un homme venu réclamer le corps de son frère (Isaach de Bankolé), les rapports de force se tendent derrière une grille de barbelés. Dans ce huis clos politique, la cinéaste fait vibrer les corps et se confronter les points de vue, révélant une violence systémique sourde.
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La Vénus Électrique
Le film de Pierre Salvadori (En Liberté !) part comme un vaudeville, avant de se laisser contaminer par une mélancolie plus trouble. Autour de Suzanne (Anaïs Demoustier), foraine qui se fait passer pour une médium auprès d’un peintre endeuillé (Pio Marmaï), avec Armand (Gilles Lellouche) et la présence fantomatique de Vimala Pons, le film joue des mensonges et du désir pour interroger l’art de raconter des histoires, dans un plaisir de cinéma libre et changeant.
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L’être aimé
Le génial cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen (le thriller tendu As Bestas, la série virtuose Los años nuevos) signe avec L’être aimé un mélo tendu entre thriller et drame familial. Esteban (Javier Bardem), cinéaste star, propose à sa fille Emilia (Victoria Luengo), qu’il a longtemps délaissée, un rôle dans son nouveau film, ravivant un face-à-face de non-dits et de violence sourde. Sous le soleil des Canaries, le cinéma devient champ de duel intime et vertigineux.
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Autofiction
Avec cet autoportrait virtuose, Pedro Almodóvar entremêle deux récits situés en 2004 et 2025, suivant Elsa (Bárbara Lennie), réalisatrice en crise, et Raúl (Leonardo Sbaraglia), cinéaste en panne d’inspiration. Inspirés de proches et du vécu du cinéaste, leurs histoires se répondent et se croisent pour interroger les liens entre vie réelle et fiction, et l’origine de la création.
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Hélène Trésore Transnationale
Judith Abitbol compose le portrait débordant et joyeux d’Hélène Hazera, figure de la contre-culture, ex-journaliste de Libération, militante du FHAR puis d’Act Up-Paris. De nombreuses archives sont mobilisées dans ce geste d’admiration qui laisse affleurer toutes ses vies.
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Scary Movie 6
Les frères Wayans retrouvent la franchise qu’ils avaient fondée en 2000 pour une nouvelle vague de parodies d’horreur, toujours bien chargées en références à la pop culture. Cette fois, le film élargit sa cible en s’attaquant aussi aux codes du cinéma d’horreur contemporain, à la culture des reboots et des « legacy sequels », ainsi qu’à des sujets très actuels comme les réseaux sociaux, les influenceurs ou la cancel culture. Porté par un humour méta assumé et une énergie de mitraillette, le film multiplie les gags avec une générosité inégale mais contagieuse, et retrouve surtout son meilleur rythme dès que Cindy (Anna Faris) et Brenda (Regina Hall) reprennent la main.
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Bouchra
Orian Barki et Meriem Bennani signent un premier long métrage d’une rare sensibilité. Entre New York et Casablanca, une jeune réalisatrice queer tente de renouer avec sa mère après un coming out resté sans réponse. Porté par une animation 3D libre et vibrante, le film fait affleurer le manque, l’humour et la tendresse dans un récit fragmenté, profondément émouvant.

Backrooms
Après Curry Barker (voir ci-dessous), Kane Parsons confirme l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes de l’horreur révélés sur YouTube. À seulement 19 ans, le créateur de la série virale The Backrooms franchit un cap avec cette adaptation en long métrage de sa propre creepypasta. La disparition d’une jeune femme dans un dédale infini de bureaux désertés sert de point de départ à ce récit labyrinthique. Porté par Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve, ce huis clos transforme une légende internet en cauchemar immersif. Entre esthétique VHS et codes du found footage, le film incarne la montée d’un cinéma façonné par la culture numérique.
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Jim Queen
Nicolas Athané et Marco Nguyen du studio Bobbypills imaginent une grande Pride d’animation où l’« hétérose », virus contagieux, transforme les gens en hétéros mal fringués, monogames et fans de doudoune sans manche. Alors que Jim Queen (Alex Ramirès), roi des gym queens, perd ses abdos et son statut, il tombe sur Lucien (Jérémy Gillet), un fan qui tente de l’aider à trouver un remède. On a adoré cette satire trash et politique, totalement déchaînée.
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The Drama
Coup d’éclat pour le réalisateur norvégien Kristoffer Borgli : après les déjà tordus et passionnants Sick of Myself et Dream Scenario, il signe The Drama, géniale fausse comédie romantique portée par un duo Zendaya-Robert Pattinson au sommet. L’histoire d’un couple idéal qui a eu le coup de foudre et va se marier… jusqu’à ce qu’une révélation improbable vienne enrayer la machine.
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Nuestra Tierra
Après des fictions audacieuses (La Ciénaga, La Sainte fille, Zama), l’Argentine Lucrecia Martel signe un documentaire sur le procès du meurtre de Javier Chocobar, chef de la communauté de Chuschagasta tué en 2009 pour avoir défendu ses terres. La brillante cinéaste filme une audience où se rejoue l’impunité de trois hommes blancs, véhicules d’un racisme institutionnel hérité de la colonisation. Par les archives et la reconstitution, le film redonne voix aux Chuschagastas et fait sentir la beauté menacée de leurs terres.

Romería
Après Été 93 et Nos soleils, Carla Simón prolonge son œuvre autour de la famille, de l’héritage et des mémoires incomplètes. Adoptée, Marina revient en Galice à la recherche de ses origines, dans une enquête où chaque témoignage recompose un passé insaisissable. Entre images au caméscope et mise en scène d’une délicate sobriété, la cinéaste fait émerger une mémoire morcelée, portée par la présence lumineuse de Llúcia Garcia.
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Obsession
C’est le nouveau grand espoir de l’horreur. Dans Obsession, son premier film au cinéma après Milk & Serial (2024) aux plus de deux millions de vues sur YouTube, Curry Barker revisite brillamment le récit de possession. Dans le film, Bear, jeune homme discret, utilise un objet magique pour forcer l’amour de Nikki. Le désir bascule en emprise et ce qui semble monstrueux n’est peut-être pas là où on le croit.
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Blue Heron
Présenté l’été dernier au festival de Locarno, ce premier long métrage doux-amer s’immerge dans la vie d’une famille d’origine hongroise, confrontée aux provocations répétées du fils aîné. À travers ce drame sur fond d’enquête familiale, Sophy Romvari signe un film bouleversant et personnel, auscultant sans détour les souvenirs brumeux d’une femme qui cherche à réparer son enfance.

Urchin
Avec ce premier film en tant réalisateur, le comédien Harris Dickinson (Sans filtre, Babygirl) raconte l’histoire d’un sans-abri londonien qui tente de se réinsérer. Derrière la chronique sociale, l’apprenti cinéaste réussit une passionnante œuvre sur la culpabilité, le gouffre et le motif du double.
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Holy Destructors
Dans ce fascinant documentaire, la Lituanienne Aistė Žegulytė suit une dépouille sacrée sortie de son tombeau et préparée, mise en beauté pour une procession religieuse en Lituanie. En laboratoire et au microscope, elle observe la transformation de la matière, les champignons et la décomposition. Le film fait de ce processus une expérience vitale et presque abstraite, interrogeant le temps et la matière du cinéma.

Etty : partie 1 et 2
Le showrunner israélien Hagai Levi (à qui l’on doit BeTipul, adaptée en France sous le nom En Thérapie) a adapté les journaux d’Etty Hillesum, une jeune juive allemande qui consigna jusqu’à sa déportation et sa mort à Auschwitz en 1943 ses réflexions sur la sensualité, la foi et la liberté. Le parcours de cette héroïne portée par une irrépressible pulsion de vie devient une bouleversante histoire de résistance intérieure, à la résonance très actuelle.
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Hamnet
Après les égarés de l’Amérique de Nomadland (2021), Chloé Zhao met la beauté singulière de son cinéma au service d’une grande histoire, en revisitant le deuil vécu par Shakespeare (Paul Mescal) et sa femme Agnes (Jessie Buckley). Une plongée sensorielle dans les coulisses imaginaires de l’écriture de Hamlet autant qu’un grand récit mystique sur le pouvoir des femmes et l’amour d’une mère.

The Bride!
On a envie de le défendre bec et ongles. Après The Lost Daughter, adaptation remarquée d’Elena Ferrante, l’actrice et réalisatrice Maggie Gyllenhaal signe une relecture féministe, punk et débridée du mythe de Frankenstein portée par Jessie Buckley et Christian Bale. Dans un patchwork exaltant, Gyllenhaal impose un objet radical, rugueux et hérétique, faisant de sa Fiancée ressuscitée le visage d’une insurrection féminine contre la docilité.
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