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RÈGLE DE TROIS — Olivier Marguerit, quel cinéphile es-tu?

  • Éric Vernay
  • 2020-10-27

Héros discret d’une pop française racée (il est à la guitare chez Syd Matters, au clavier pour Halo Maud), Olivier Marguerit, alias O en solo, excelle aussi en B.O. : après Diamant noir, sa partition subtile et raffinée pour Garçon chiffon évoque Jacques Demy. Interview cinéphile.

S’il ne restait que trois comédies musicales? 

Les Parapluies de Cherbourg est le premier film qui m’a fait avoir un regard analytique sur le cinéma. J’ai été saisi par la manière dont la voix est utilisée dans les dialogues chantés, une invention géniale. Les décors, la mise en scène, la musique de Michel Legrand, tout s’agrège parfaitement. Ado, j’ai également été marqué par The Wall d’Alan Parker, vu avec des potes en fumant des oinjs. Le film a sans doute mal vieilli, mais ça me faisait triper, la personnification un peu fasciste du mec, le passage du live à l’animation, les marteaux… Un grand voyage psychédélique. Et puis La France de Serge Bozon : il fait chanter à des personnages de Poilus des chansons pop magnifiques, ce qui crée un décalage étrange, au milieu du champ de bataille.

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 Sur quel acteur ou actrice fantasmais-tu quand tu avais 13 ans ? 

Madonna. Le film sur sa tournée In Bed With Madonna m’avait particulièrement excité. Je tripais vraiment sur elle à cette époque-là. Son image de femme libérée était fascinante, sulfureuse, en décalage avec les top-modèles comme Claudia Schiffer ou Naomi Campbell.

 3 plaisirs cinéphiles coupables ? 

Emmanuelle, un des premiers films érotiques que j’ai vus, avec le personnage de Sylvia Kristel qui assumait sa sexualité. Tous en scène, le film d’animation avec des animaux qui chantent, je le regarde régulièrement avec ma fille. Et puis Les Bronzés font du ski, même si tout le monde l’aime bien.

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3 personnages de cinéma dans lesquels tu te retrouves ? 

Le personnage de James Spader dans Sexe, mensonge et vidéo. J’aime bien l’idée d’être le confesseur d’histoires intimes et la façon dont il pénètre un environnement bien établi et le fait voler en éclat. Wayne dans Wayne’s World, car j’associe ce personnage à l’insouciance de la jeunesse. Ce moment de la vie où tout notre être est tourné vers la quête des plaisirs simples : être avec des amis, écouter de la musique. Boriska, le jeune homme qui fabrique la cloche à la fin d’Andreï Roublev. Le moment où elle sonne est l’une des plus belles scènes du cinéma.


Une comédie qui te console en 3 minutes ? 

Walk Hard, un faux biopic d’une espèce de Johnny Cash incarné par John C. Reilly, avec un regard sur les coulisses que j’ai trouvé vraiment drôle en tant que musicien.

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 3 B.O. dont on ne parle pas assez ? 

Celle du Grand bleu n’est pas assez reconnue alors qu’il y a une adéquation très réussie entre l’image et la composition d’Éric Serra. La B.O. de Tindersticks pour Trouble Every Day, magnifique dans sa manière de créer de l’air en contrepoint à l’hyperviolence visuelle de ce film de cannibalisme. Et puis ma madeleine de Proust, le thème de principal de Furyo, signé Ryūichi Sakamoto.

 

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