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Pour « Libération », Adèle Haenel et Aïssa Maïga évoquent leur engagement politique

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Réunies dans un entretien croisé par Libération, les deux actrices ont évoqué le cheminement politique qui les a conduites à militer pour un engagement intersectionnel, faisant converger toutes les luttes contre les discriminations de manière égalitaire.

Dans un contexte social tendu, agité par la question des discriminations raciales – la mort de George Floyd, un Noir américain mort le 25 mai lors de son arrestation par un policier blanc, a créé une onde de choc mondiale, tandis qu’en France, le comité Adama a organisé ce samedi 13 juin une nouvelle marche pour lutter contre les violences policières -, les deux actrices aux parcours très différents ont évoqué leur engagement politique respectif, pour converger sur l’idée d’une prise de conscience générationnelle, un combat global pour l’égalité et l’équité qui garantirait la visibilité de toutes les luttes.

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Pour l’une comme pour l’autre, la dernière cérémonie des César a constitué un point de départ : dans un discours frappant, Aïssa Maïga y avait pointé du doigt l’invisibilisation des professionnels issus de l’immigration africaine et asiatique dans le cinéma français. Adèle Haenel avait quant à elle quitté la salle à l’annonce de la remise d’un prix à Roman Polanski. « Quand Aïssa prend la parole, c’est courageux parce que la salle est glaciale et ça jette un froid quand même. J’ai trouvé ça drôle et je me suis dit «enfin, il se passe un truc politique »», analyse après coup Adèle Haenel, dont la pensée politique, d’abord « implanté[e] dans le féminisme », a mué vers des problématiques plus larges : « J’ai également pris conscience physiquement que je ne pouvais pas ne pas soutenir cette femme et toute la lutte contre les violences policières et le racisme. » 

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Dans cet échange passionnant et exigeant, Adèle Haenel est revenue sur ce qui l’a conduite à sortir d’un « féminisme blanc, involontairement excluant » pour penser les discriminations dans leur ensemble: « C’est un enjeu majeur dans l’efficacité des luttes politiques : comment mobiliser sans réitérer la catégorisation contre laquelle nous luttons ? Cela implique de comprendre qu’il y a une articulation profonde entre tous les systèmes de domination et qu’il y a nécessité à défendre ces causes de manière croisée. »

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C’est aussi à travers les représentations cinématographiques que ces rapports de domination peuvent être repensés : « Aujourd’hui, en France, les personnages féminins dans les films sont implicitement des femmes blanches (…). Ce qui apparaît comme naturel ici est une construction culturelle de l’identité qui se fait justement par les récits », explique Aïssa Maïga, qui rejoint Adèle Haenel dans l’idée qu’il faut porter un regard critique sur les oeuvres, les accompagner d’explications historiques, sans que cela relève de la censure : « Il faut recontextualiser les œuvres. Elles ne sont pas créées de nulle part, hors du temps. Questionnons-les ! Cela ne veut pas dire qu’on arrête de les regarder, mais qu’on se demande quel est leur substrat politique et ce qu’elles véhiculent », conclut l’actrice, dans cet entretien à lire en intégralité sur le site de Libération.

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Image: Copyright Mars Films et Les Films Hatari – Les Films d’Ici

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