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On y était : l’avant-première de « Lux Aeterna » avec Béatrice Dalle, Charlotte Gainsbourg et Gaspar Noé

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Toute la semaine, pour la sortie de son dément Lux Aeterna (en salles depuis mercredi), TROISCOULEURS célèbre l’univers cauchemardesque et halluciné de Gaspar Noé. On s’est faufilés à l’avant-première du film, en présence de l’équipe, ce mardi 22 septembre, au mk2 Quai de Loire. 

« Vous allez beaucoup rigoler ». En lisant le synopsis du dernier moyen-métrage de Gaspar Noé – l’histoire d’un tournage de films de sorcières qui vire au cauchemar, avec Béatrice Dalle dans la peau d’une réalisatrice enflammée détestée par ses techniciens -, on ne s’attendait pas à cette introduction de la part de Charlotte Gainsbourg. Et pourtant. Dès l’intervention de l’équipe qui ouvre cette avant-première, on pressent que Lux Aeterna ne sera pas tout à fait (ou pas simplement) le morceau de bravoure horrifique, épileptique et anxiogène annoncé – des adjectifs si chers à la réputation sulfureuse du réalisateur d’Irréversible. Sur scène, Gaspar Noé, entouré de ses actrices, insiste sur le caractère spontané, fou, presque ludique, de ce film commandé par la maison Yves Saint-Laurent. Tourné en cinq jours, sans scénario, sans contrainte. Seule injonction : travailler avec les deux égéries de la marque, Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle.

 

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« T’aurais pu tomber plus mal », lui lance cette dernière, avec la même auto-dérision dont elle fait preuve dans le film, que l’on ne peut pas s’empêcher de percevoir comme une déclaration d’amour secrète au légendaire bagou de l’actrice, à la fois terriblement touchant et percutant. Lux Aeterna se présente comme un confessionnal impie, où se déversent les monologues improvisés d’une actrice rebelle, qui évoque sans tabou les rapports de domination dans le milieu du cinéma. À l’écran (pendant la séance, le public, hilare, jubile de ses séquences satiriques) comme dans la salle, le naturel généreux, l’insolence contagieuse de Béatrice Dalle créé une connivence quasi immédiate : « Vous savez qu’il dure sept heures le film, vous êtes prêt ? » s’exclame-t-elle, avant qu’un spectateur, pas froid aux yeux, lui réponde du tac au tac : « Ouais, complètement ».

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On a le sentiment d’être en présence d’enfants terribles, de mauvais élèves à peine remis d’une rave party, qui se sont délectés en filmant l’enfer d’un tournage maudit. Une expérience immersive, incantatoire, que Gaspar Noé a évoqué lorsqu’on l’a fait réagir aux maximes qui jalonnent son film, à travers des panneaux-citations « Avec Lux Aeterna, beaucoup de gens m’ont justement dit qu’ils avaient l’impression d’être drogués en sortant. Je joue sur les stroboscopes et, oui, ça, ça peut mettre dans un état de transe ». 

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D’ailleurs, Béatrice Dalle, en couverture du dernier numéro de TROISCOULEURS (disponible ici), nous confiait elle aussi en interview son amusement à jouer dans des films gores (« J’ai tourné trois films gores, et c’était magique »). Et ce n’est pas Claire Denis, celle qui l’a dirigée dans le cannibale Trouble Every Day, qui dira le contraire. La cinéaste est d’ailleurs dans la salle, et l’actrice, en la voyant, l’interpelle d’un « Je t’aime ». Après nous avoir prévenu que chaque projection réserve son lot de surprise, car il existe de multiples montages du film (elle a elle-même vu quatre versions différentes), Béatrice Dalle, comme toute sorcière et femme forte qui se respecte, ne pouvait pas partir sans une punchline blasphématoire  : « Si vous ne prenez pas autant de plaisir à voir ce film que moi j’ai eu à le faire, je vous jette un sort ». Pour vous mettre à l’abris de tout mauvais karma, on vous conseille de vous plonger dans notre semaine spéciale Gaspar Noé, disponible juste ici.

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Image : Félix Maritaud dans Lux AEterna © UFO Distribution

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