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Cela fait bien longtemps que l’affranchie Béatrice Dalle nous envoûte. Après son brûlant premier rôle au cinéma, dans 37°2 le matin de Jean-Jacques Beineix en 1986, elle n’a cessé d’explorer les zones les moins évidentes, les plus troubles d’un cinéma plutôt underground, toujours endiablé. Son rôle puissant de cinéaste sorcière dans Lux AEterna de Gaspar Noé était l’occasion ou jamais de l’invoquer pour parler des mages qui ont fait de son parcours une incandescente procession cinéphile, de Claire Denis à Jim Jarmusch. Entretien avec une grande actrice (oc)culte.

Ta présence dans l’univers de Gaspar Noé semble une évidence.

J’en rêvais. Je trouve tous les films de Gaspar incroyables, je me trouvais légitime dans son univers. On se croisait parfois avant, il est ami avec Asia Argento et Virginie Despentes, dont je suis très proche. La collaboration est arrivée grâce à Anthony Vaccarello [le directeur artistique de la maison Saint Laurent, qui produit le film, ndlr], qui a donné une carte blanche à Gaspar. On n’a tourné qu’une semaine, j’aurais voulu que ça dure six ans. On n’avait pas de scénario. On arrivait tous les jours à 16 heures, mais pas une seule fois on a tourné avant 2, 3 voire 5 heures du matin. On était dans un studio… tu sais, on aurait dit ceux des films pornos allemands des années 1970, avec des bêtes empaillées et des couvertures écossaises ! Dans sa manière de tourner, c’est pas que de l’impro. Si t’es à l’aise là-dedans, tant mieux, tu peux aller dans la même direction. Mais si t’as besoin de repères, le mec est très solide, il donne aussi.

(c) Marie Rouge pour TROISCOULEURS

Qu’est-ce qui te plait dans ses films ?

Moi, tu sais, je n’aime pas le quotidien. Quand Ken Loach fait du social, je veux bien. Mais, à part lui, je sais pas si je pourrais citer un autre exemple d’un film social et réaliste qui est hyper touchant. J’ai envie d’opérettes sanglantes. Gaspar a toujours des références à Jean Genet ou à Pier Paolo Pasolini, mes héros. Je suis tombée amoureuse de Genet il y a quatre-cinq ans. Déjà il y a ce petit truc qui nous rapproche : c’est très naïf, mais il est né un 19 décembre comme moi, et il est mort au moment de la sortie en salles de 37°2 le matin. Je suis tombée amoureuse de son livre Notre-Dame-des-Fleurs. Comparer les voyous, les mecs dangereux, à des fleurs… Je me suis dit : « Putain on aime les mêmes mecs ! » Genet, ça aurait été mon super pote pour aller draguer.

Comme avec Charlotte Gainsbourg dans le film, ta relation aux autres actrices semble très bienveillante, sans rivalité. Dans des interviews dans les années 1990, tu t’exprimais justement sur le fait qu’on avait essayé de vous opposer, Claudia Schiffer et toi, sur le tournage de The Blackout d’Abel Ferrara.

Je me souviens, il y avait la jolie blonde magnifique et moi j’étais le diable, les gens voulaient qu’on s’affronte. Comme elle ressemble à Sainte Blandine, Abel lui avait dit : « Toi, t’es Blandine, et Béatrice c’est le lion qui va te dévorer dans les arènes romaines. » Sauf qu’elle a été charmante. Avant d’arriver sur le plateau, elle avait vu tous mes films, ceux d’Abel, ceux de Dennis Hopper. On a tourné une scène de défilé avec que des filles inconnues – Claudia, en 97, c’était le plus grand top de la planète. Elles étaient en train de la critiquer, elles en étaient à lui chercher un point de cellulite sous le pied ! J’ai vu la méchanceté… Moi, Claudia, quand elle m’a dit : «  J’ai un secret à te dire. Tu sais qu’on a le même amant ? » Je lui ai répondu : « Dis, vas-y que je le défonce ! » 

Dans le film de Noé, tu joues Béatrice Dalle qui réalise son premier film. Ça t’a déjà tenté, la réalisation ?

Jamais ! Je trouve qu’on s’improvise tout. Mais merde, on s’improvise pas boulanger ! On s’improvise pas chirurgien ! Pourquoi on s’improviserait acteur ou metteur en scène ? C’est comme Van Gogh : si ce mec n’avait pas eu cette âme-là, il aurait fait un catalogue Ikea en peignant des chaises en paille et des couettes sur des lits dégueulasses. On dit : « Le diable se cache dans les détails. » Pour moi, dans une personne, dans un film, c’est toujours le détail qui fait que c’est juste ou pas.

Comme dans Lux Æterna, tu as déjà vécu un tournage de film d’horreur qui se finit mal ?

Non, j’ai tourné trois films d’horreur, et c’était magique. Le premier c’était À l’intérieur [sorti en 2007, ndlr] de Julien Maury et Alexandre Bustillo. Sur le plateau, ils avaient enlevé tous les miroirs : à la cantine, Nicolas Duvauchelle avait un trou au milieu du front parce que son personnage était censé s’être pris un pieu, et Alysson Paradis était éventrée et pissait le sang de partout. Donc t’as un côté amusant. On tournait dans un bled qui s’appelle Plaisir – ça s’invente pas – et c’était Halloween. Y a les petits qui viennent frapper à la porte. Moi, je suis maquillée avec un œil crevé, toute cramée. J’ai ouvert la porte, ils sont partis comme des moineaux. J’ai dit à l’équipe : « Ils vont pouvoir dire qu’ils ont vu une vraie sorcière ! » Ça a été les expériences de tournage les plus amusantes.

Béatrice Dalle dans À l’intérieur de Julien Maury et Alexandre Bustillo © La Fabrique de Films

Les films d’horreur que j’ai faits, c’était avec ces deux gars-là, que j’aime infiniment ; et il y en a un autre, qui est plutôt un film de genre, c’est Trouble Every Day [film de Claire Denis dans lequel elle incarne un vampire, sorti en 2001, ndlr]. C’est l’un des plus beaux films du monde. Je me souviens qu’à Cannes j’étais à l’hôtel avec Didier [Didier Morville, alias JoeyStarr, avec qui elle a été en couple plusieurs années, ndlr]. On m’appelle et on me dit : « On a dû arrêter la projo, y a des syncopes, y a les pompiers qui arrivent. » Je dis : « Wouah, là on a gagné le truc ! »

« J’aime les gens en transe, j’ai besoin d’être en transe. »

C’était comment, le tournage de Trouble Every Day ?

Terrible ! On était dans un endroit désaffecté, une ancienne maison où on mettait les enfants délinquants un peu graves. Ils y avaient mis le feu. C’était chargé d’un univers de gosses qui ont de vrais problèmes. Avant la scène avec Nicolas Duvauchelle [dans laquelle son personnage couche avec celui joué par Duvauchelle avant de le manger, ndlr], je crois ne pas avoir dormi pendant des jours pour des raisons obscures, j’étais dans un état second.

Béatrice Dalle dans Trouble Every Day de Claire Denis

Je me souviens avoir pensé à un documentaire animalier dans lequel on voit une mère singe qui ne comprend pas que son bébé est mort. Elle continue à le bercer, à le câliner, mais comme il ne répond pas, elle commence à le taper. J’ai pensé à ça avec Nicolas : je le câline après l’amour mais il ne répond pas comme je veux donc je commence à lui faire du mal… Et puis, il avait des prothèses sur le cou mais, au moment de le croquer, je me suis trompée de côté. Dans les yeux de Nicolas, jai vu la peur, la vraie. Pendant quon tournait cette séquence, à un moment, la maquilleuse est venue pour un raccord, je me suis retournée, mais d’une manière… À la mort, quoi ! Tu sais, quand d’un seul coup t’es en transe. Elle n’a pas pu m’approcher pendant ces scènes-là.

Tu crois aux forces noires du cinéma ? Par exemple à un Kenneth Anger qui essaye d’invoquer Lucifer par les seuls moyens du cinéma ?

J’aime les gens en transe. J’ai aimé la drogue, j’ai besoin d’être en transe. Je suis fan inconditionnelle de Jérôme Bosch. Quand tu vois les visions qu’il peint à l’époque, au XVIe siècle, tu te dis qu’il était défoncé… Moi, on m’associe à quelqu’un de trash. Oui, certainement, dans ma vie privée, je fais ce que je veux. Personne a rien le droit de me dire, parce que j’ai jamais atteint l’intégrité physique ou morale de qui que ce soit. Je respecte les gens. Pareil, l’équipe de tournage n’est pas à ma disposition, je ne fais pas attendre les gens. Ça a pu m’arriver quand j’étais défoncée, mais sur le tournage, j’assurais quand même.

Si t’avais des pouvoirs de sorcière, qu’est-ce que tu ferais ? 

Je ferais direct revenir Kurt Cobain. J’hésite même pas une seconde. Ah ouais putain ! Ça fait vingt cinq ans que j’en rêve.

Le cinéaste queercore Bruce LaBruce vous avait filmées en virée nocturne, Virginie Despentes et toi, pour l’émission « Au cœur de la nuit » en 2010. Tu aimes son cinéma ?

J’adore No Skin Off My Ass et Hustler White, avec le beau Tony Ward. Le porno, je sais bien que ça existe, mais j’en ai un peu rien à foutre. Bruce LaBruce, c’est différent, ça a toujours été un engagement, une revendication. Il se bat pour la liberté. J’ai fait cette émission et j’ai invité Virginie. Bruce m’avait préparé une surprise au café Moustache. On arrive, les mecs sont le cul à l’air, hyper gentils, et le cadeau, c’est François Sagat [acteur de pornos gays qui a tourné pour LaBruce dans L.A. Zombie, ndlr] qui se balance nu les jambes écartées sur un sling [un morceau de cuir suspendu par des chaînes, utilisé dans certains rapports BDSM, ndlr]. Je lui dis : « Il faut consommer tout de suite, ou on peut emporter à la maison ? » François m’a dit ensuite : « Tout le monde imagine que je suis trash, mais je suis une pâquerette. » J’ai rencontré plein de hardeurs et de hardeuses comme ça, super charmants. Je me souviens de la délicatesse d’une jeune fille qui m’a écrit une lettre super belle pour me demander si elle pouvait prendre le pseudo Béatrice Valle en mon honneur pour faire du porno.

Tu as joué dans Process (2003) de C. S. Leigh. Sur Internet, un blogueur raconte une histoire trouble autour du réalisateur, aujourd’hui décédé. Celui-ci aurait essayé de faire disparaître son film… 

Ah, magnifique, Process ! Ça alors, cette histoire… C’était un mec très bizarre. Il était très malade, tout le temps. Tu sens que toute sa vie est une souffrance, un traumatisme. Pour le rôle, il me demandait chaque jour des trucs comme bouffer du verre, que je me suicide… Virginie [Despentes, ndlr] m’a dit un jour : « Tu sais que tu as tourné avec Guillaume Dustan [un écrivain français underground et controversé décédé en 2005, auteur de Dans ma chambre ou Nicolas Pagès, ndlr] ? » C’était dans ce film !  Je ne savais pas, je n’ai jamais rien lu de lui, je ne connais que le scandale autour de ce mec, et le fait que pour Virginie c’est le meilleur écrivain d’entre tous. Le mec m’intrigue. 

Tu vas reprendre, début 2021, la tournée française du spectacle Viril, dans lequel tu lis des textes sur la virilité avec Virginie Despentes et la rappeuse Casey. Pour toi, c’est quoi, la définition de la virilité ?

Quelqu’un qui s’assume. Je me souviendrai toujours d’une phrase, dans une correspondance de Vincent Van Gogh. Il va épouser une prostituée très laide, enceinte jusqu’aux yeux, sale, dans la rue, et son frère lui dit : « Mais pourquoi cette fille ? » Et Van Gogh de répondre : « Mais quel homme ne le ferait pas, juste pour la sauver du désarroi ? » Et ben ça, ça me fait pleurer. C’est ça, la virilité. J’ai vécu longtemps avec un mec homo, un acteur anglais merveilleux [Rupert Everett, au milieu des années 1980, ndlr]. Les gens disaient ce mot horrible, « tapette ». Je répondais : « Déjà, comment vous osez me parler de cette manière ? Et en quoi il est pas viril ? » Le mec, il assume tout ce qu’il est, tout ce qu’il fait, pour moi c’est l’homme le plus viril avec qui j’ai été. C’est un seigneur.

On te voit souvent traîner avec l’acteur Félix Maritaud (120 battements par minuteSauvage, Lux Aeterna…) qui est très lié à la scène artistique queer actuelle. Est-ce que tu te sens attachée à cette scène aussi ?

Parfois, avec le spectacle Viril, on joue dans des festivals queer, lesbiens et engagés. Je te jure, devant un public lesbien, c’est un kiffe ! Elles sont en transe. Y’a des meufs qui me mettent des numéros dans les poches, d’autres qui me mettent des bagues… Ah putain, je trouve ça mortel ! De réjouir des gens à ce point, c’est merveilleux… Souvent, on me dit que je m’engage effectivement beaucoup pour les gays. Je dis non. Je ne suis pas lesbienne, je suis pas noire, je ne suis pas juive, je ne fais pas partie de ces minorités qui en souffrent et qui ont envie de crier. Moi, je tiens juste à la liberté, au respect de l’autre dans ses différences. Il faut en jouir et s’en réjouir, c’est ce qui fait la richesse de cette planète !

Je trouve qu’on régresse…Quand tu vois que, dans certains pays, les gays on les brûle. Hey, c’est l’Inquisition, à la mode Jérôme Savonarole [prédicateur et réformateur italien qui institua la dictature théocratique de Florence de 1494 à 1498, surtout connu pour son bûcher des vanités où furent brûlés toutes les œuvres d’art jugées liés à la corruption spirituelle, ndlr.]… Quoique lui, je le trouve trop sexy, j’aime bien les mecs chelous comme ça. Il avait élevé une armée d’enfants qui n’avaient pas conscience des meurtres qu’ils commettaient. Il est tellement terrible que je lui trouve du charme. Il a fini sur le bûcher, quand même.

Il y a un film que j’aime particulièrement dans ta filmographie…

C’est Domaine !

Wow… Comment tu sais ?

Vu l’enthousiasme avec lequel tu parlais, je me suis dit que c’était forcément un grand film que j’ai fait. Mes trois plus beaux ce sont Trouble Every DayDomaine et Lux Aeterna. Je vais retourner avec Patric Chiha ! Je suis ravie, tu peux pas savoir. C’est marrant : Chiha il est moitié Libanais moitié Autrichien ; il a la rigueur autrichienne, mais le goût de la teuf, et la belle gueule des Libanais. Il me fait penser à Freddie Mercury, qui est pour moi la quintessence du mec sexy – même si je n’aime pas Queen. 

Domaine : Photo Béatrice Dalle, Patric Chiha

Béatrice Dalle dans Domaine de Patric Chiha © Contre-Allée Distribution

Domaine, voilà un cinéma très écrit. Il y avait une scène sublime où je suis sur un transat en Autriche, avec de la neige partout, et un texte qui fait un milliard de kilomètres : je l’ai appelé « La Bête immonde ». C’est comme quand j’apprenais Lucrèce Borgia, un texte classique [qu’elle a joué en 2014 dans une mise en scène de David Bobée, ndlr.], c’est tellement bien écrit que c’est bien plus facile à apprendre que des dialogues à la con où tu dis rien, où il n’y a pas de référence. Je me souviens des grandes tirades de Lucrèce, tout est tellement beau que jusqu’ aujourd’hui je les connais par cœur, je me délecte de le dire.

Avant Lux Aeterna, tu avais déjà approché l’impro dans H Story (2001) de Nobuhiro Suwa…Comment ça s’était passé ?

Moi j’improvise beaucoup. Si tu me demandes d’improviser, je parle pendant des heures, tu m’arrêtes pas. Suwa, j’avais vu son film M/Other (2001) à Cannes, et j’avais été éblouie par sa beauté. Comme j’ai une bonne étoile, deux jours après, Dominique Besnehard m’ a appelé et m’a dit : « Tu vas être contente, Suwa veut te rencontrer pour faire un remake d’Hiroshima mon amour.» Je l’ai rencontré dans un bar à Alma Marceau, il ne parlait ni anglais, ni français. J’ai réussi à lui faire comprendre que je rêvais de travailler avec lui, mais que je ne voulais pas faire de remake. Le film de Resnais est sublime, les textes de Duras sont magnifiques, tout ça sera moderne dans mille ans, alors à quoi bon ? Il m’a dit « Ok. On va partir de cette situation où tu refuses ce projet et on va faire un film. »

Arrivés à Tokyo, il y a eu une histoire avec un problème de visa, je devais rentrer d’ici cinq jours en France. Alors Suwa m’a dit « On fera peut-être le film quand je te ramènerai en taxi à l’aéroport. » Deux jours après, on est partis à Hiroshima avec mon partenaire, Machida Kou. Il m’a lâché avec lui dans cette ville qui a été soufflée puis reconstruite. On ne parlait pas la même langue, donc ça a créé une sorte d’intimité, on est allés loin dans la confidence sur ma vie, sur la sienne. Cette sorte d’errance, je trouve ça magnifique. Quand j’ai vu le film, j’ai pleuré. Je me dis : ce que ce cinéaste a pu m’aimer – sans ambiguïté, sans truc sous-jacent. Mais le film est sorti le 11 septembre 2001, alors on n’allait pas festoyer…

H Story : Photo Béatrice Dalle, Nobuhiro Suwa

Béatrice Dalle dans H Story de Nobuhiro Suwa © Sagittaire Films

Tu cites souvent l’artiste Oscar Bizarre sur Instagram. Tu vas faire quelque chose avec lui ?

Oui, un film ! C’est un faiseur d’images, un faiseur de rêves, j’ai envie de dire. On a en commun le culte des images noires, sombres, on est deux vampires et pourtant on est deux personnes joyeuses. Là, on a fait un court métrage qui s’appelle Révolution 0, avec l’acteur David Kammenos, pour pouvoir avoir des financements afin de faire le long, car Oscar n’est pas connu. Ce sera un peu un film de sorcières aussi.

Dans tes posts Instagram, tu rends souvent hommage à des cinéastes que tu aimes, comme récemment John Waters.

John Waters, il est brillant. Chez Saint Laurent, ils m’ont fait un cadeau au dernier défilé, ils l’avaient assis à côté de moi. Il me dit : « Je vous aime tellement. » Je lui dis : « Je vous renvoie le compliment. » C’est un peu le même genre de rencontre qu’avec Jim Jarmusch. Un journaliste m’avait demandé : « Est-ce qu’il faut coucher pour réussir ? » J’avais dit que ça ne m’était jamais arrivé, mais qu’avec Jim, même si y avait pas de film, je serais d’accord. C’était une blague ! J’arrive à Cannes, on présente chacun un film, on se rencontre et là je me dis qu’il va me prendre pour une pétasse s’il sait ce que j’ai répondu au journaliste… Mais il vient me voir et me dit : « Je vous aime tellement. » Putain, j’ai fondu sur place. Trois mois après, il m’envoyait le scénario de Night on Earth [sorti en 1991, elle y campe une troublante cliente de taxi aveugle, ndlr].

Night on Earth : Photo

Béatrice Dalle dans Night on Earth de Jim Jarmusch © Locus Solus Inc.

Toujours sur Instagram, dans la légende d’une photo en hommage à l’avocate et militante féministe Gisèle Halimi, tu as écrit : « Le XXIe siècle sera féminin. »

On va vers ça ! Ils avaient bien raison, les mecs, de mettre un couvercle sur nos gueules, parce que maintenant qu’on l’enlève… Je les comprends, une femme est tellement plus solide. Mettre un enfant au monde, par exemple, imaginez la responsabilité ! Moi j’ai jamais eu envie d’enfant, je regrette pas du tout, je suis pas maternelle. Quand on parle d’horloge interne et toutes ces conneries-là… allez vous faire foutre ! Après, j’ai plein de copines qui ont des gosses et c’est super aussi. J’ai posté un truc pour elle, parce que c’est les femmes comme Gisèle Halimi qui ont fait la liberté qu’on a aujourd’hui, et elles sont magnifiques.

LUX AETERNA de Gaspar Noé (50 min./ UFO Distribution-Potemkine Films), sortie le 23 septembre

Photo de couverture : (c) Marie Rouge pour TROISCOULEURS

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