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A revoir sur Arte: « Broken Flowers », road-movie mélancolique de Jim Jarmusch

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Bouleversant mélange de dérision et de nostalgie dans lequel le réalisateur pose un regard tendre sur le vieillissement, Broken Flowers est à revoir jusqu’au 2 novembre sur Arte.

Donnez à Jim Jarmusch le pitch le plus bancal ou anecdotique du monde, il en fera une variation sur l’exil intérieur, l’ennui quotidien ou les regrets inconsolables. Dans Broken Flowers (prix du Jury au Festival de Cannes 2015), c’est le mythe mille fois usé de Don Juan que le réalisateur s’amuse à défaire malicieusement. Flegmatique et tendre, Bill Murray y interprète un ancien tombeur sur le déclin au cœur fatigué, dont la solitude va être brisée par la lettre anonyme d’une ancienne conquête lui annonçant qu’il est le père d’un garçon de dix-neuf ans. Encouragé par son voisin raide dingue de romans policiers (Jeffrey Wright, impeccable), il entreprend un road-trip pour rendre visite aux femmes qu’il a rencontrées dans sa vie, et au passage, parcourir les limbes de sa mémoire…

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S’il est si percutant, c’est parce que ce neuvième opus de Jim Jarmusch a des airs de premières fois. Première fois que le cinéaste, habitué à filmer une jeunesse qui se brûle à toutes les expériences, se saisit ici de la vieillesse, empoigne le spleen d’un homme au crépuscule de sa vie; première fois qu’il offre à ses personnages féminins une profondeur si saisissante (Sharon Tate, Jessica Lange, Tilda Swinton et Julie Delpy sont les véritables héroïnes de ce voyage existentiel) et assume pleinement le doux désenchantement de ses films précédents. Mais bien-sûr Broken Flowers ravira aussi tous ceux qui chérissent les gimmicks habituels et irrésistibles de son cinéma: le laconisme comme principe narratif, l’émotion logée dans les situations absurdes et ridicules, les chorégraphies désarticulées des acteurs et l’humour lancinant qui, comme une bombe à retardement, n’arrive pas au moment où on l’attend. Avec ici, en supplément d’âme, une vague tristesse presque agréable et jamais revancharde.

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Image: Copyright Focus Features

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