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Un podcast pour l’après-midi : « La Poudre », avec la réalisatrice Ovidie

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Son court-métrage de fiction, Un jour bien ordinaire (coréalisé avec Corentin Coëplet), qui raconte les coulisses du porno par le biais d’une inversion des genres, a été diffusé sur Canal+ le 8 mars dernier, lors de la journée internationale des droits des femmes. En 2017, dans « La Poudre » (le podcast de Lauren Bastide sur sa plateforme Nouvelles Écoutes), la réalisatrice et autrice française Ovidie revenait sur son cheminement professionnel et intellectuel, son rapport aux féminismes et au porno, nous invitant à sans cesse décloisonner notre pensée et questionner nos pratiques.

Actrice puis réalisatrice de films pornographiques dès l’âge de 19 ans, Ovidie a toujours ardemment dénoncé les inégalités de genre et les travers des pratiques (comme les rapports sexuels non-protégés) dans l’industrie du porno.

Rapports sexuels avec digues dentaires, préservatifs féminins ou pendant les règles… la réalisatrice s’est érigée en pionnière des pratiques safe dans le X français. Depuis son reportage Rhabillage, diffusé dans l’émission Envoyé Spécial sur France 2 en 2011, qui raconte la stigmatisation sociale que subissent les actrices pornos même des dizaines d’années après avoir stoppé leur activité, elle est aussi une réalisatrice de documentaires engagés en forme d’enquêtes. De l’édifiant Pornocratie (2017), sur les dessous accablants de l’essor des plateformes gratuites de X, à Tu enfanteras dans la douleur (2019) sur les violences obstétricales en passant par Là où les putains n’existent pas (2018) sur le tabou du travail du sexe dans les pays scandinaves, elle détricote sans relâche des scandales liés au sexe ignorés ou invisibilisés par les puissants.

Au micro de Lauren Bastide (dans l’épisode 16 de « La Poudre »), il y a trois ans, elle se confiait sur la genèse de sa réflexion en retraçant son adolescence dans un milieu familial de gauche dont elle a tout de même remis en cause les engagements, sa passion pour la philo et les figures féministes pro-sexe comme l’autrice québécoise Nelly Arcan, puis ses premiers pas comme réalisatrice. Elle y dresse aussi un état des lieux de l’évolution de sa pensée féministe : initialement convaincue que le sexe libérait systématiquement les femmes, elle s’est peu à peu aperçue qu’il pouvait aussi les aliéner quand il s’agissait d’injonctions aux relations sexuelles et au plaisir.

Et pour prolonger ce travail de transmission, le documentaire sonore Juste Avant (sorti en décembre dans la série « Intime et Politique » de la même plateforme Nouvelles Écoutes) propose un échange en 7 épisodes entre Ovidie et sa fille de 14 ans. La réalisatrice sonde les différences entre générations en matière d’éducation sexuelle et se demande comment éduquer une adolescente aujourd’hui.

 

Image de couverture : (c) DR

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