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« Parasite » revient dans les salles américaines dans une version noir et blanc

Pour l’instant, impossible de savoir si cette version de la Palme d’or au succès populaire international aura aussi droit à une ressortie française…

Le saviez-vous ? En 15 ans, Parasite est la Palme d’or ayant réalisé le meilleur score au box-office français depuis Farenheit 9/11 de Michael Moore (2004) qui avait rameuté 2,370 millions de spectateurs dans l’Hexagone (une précieuse info relevé par Le Film Français). Un succès hyper contagieux -fruit d’une recette imparable, Parasite alliant à merveille cruauté de la satire politique et plaisir jouissif du thriller -, qui s’étend au-delà de nos frontières : aux Etats-Unis, le film ressortira bientôt…en noir et blanc.

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D’après Collider, le distributeur Neon vient de révéler que Bong Joon Ho a secrètement préparé une version spéciale noir et blanc de son chef-d’œuvre corrosif , qui sera projetée dans certains cinémas de New York et de Los Angeles (fausse joie, pour l’instant aucune nouvelle de possibles séances en France). On sait ce que vous pensez : effet de style inutile et pompeux au mieux, tactique mercantile au pire. Mais il suffit d’écouter trente secondes ce maître coréen et habile maelström de la mise en scène pour se laisser persuader qu’il y a un peu plus que ça :

« Au tout début, le cinéma était en noir et blanc (…) Bien que je sois devenu cinéaste dans les années 2000, j’idéalise encore les magnifiques films en noir et blanc de Renoir, Fellini, Kurosawa, John Ford, et la filmographie parfaite de Gregg Toland. J’ai toujours eu ce désir de créer un film en noir et blanc qui soit conçu par mon directeur de la photographie Hong Kyung Pyo… Je suis extrêmement heureux de présenter Parasite en noir et blanc et de le faire jouer sur le grand écran. C’est fascinant de voir comment l’expérience de visionnage change lorsqu’un film identique est présenté en noir et blanc. J’ai regardé la version deux fois : la première fois, le film ressemblait à une fable et me donnait l’étrange impression d’être face à une histoire d’un autre temps. Mais la deuxième fois, il m’a semblé plus réaliste et plus tranchant, comme si j’avait été coupé par une lame. »

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On l’aura compris, chez Bong Joon Ho, un tel geste ne relève ni de la coquetterie ni du caprice d’un démiurge tout-puissant obsédé par le perfectionnement de son oeuvre, mais plutôt d’une nouvelle proposition esthétique capable de remodeler en profondeur les enjeux du récit. Si les couleurs de la version originale apportaient à l’intrigue une force tragi-comique (les visages rouges grotesques des acteurs contre les intérieurs froids et déshumanisants par exemple), le noir et blanc pourrait faire virer cette fresque au véritable polar cru et clinique. Surtout que l’on sait très bien (il l’a dit lui-même) que Bong Joon Ho a entre autres pour mentors Henri-Georges Clouzot, Joseph Losey et Alfred Hitchcock : trois grands magiciens du noir et blanc, qui ont toujours allié clair-obscurs et la pénombre pour raconter des histoires habitées par les jalousies sociales et la folie meurtrière que peut engendrer la misère.

Image: Copyright The Jokers / Les Bookmakers