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Un cluedo policier de François Ozon, une fresque politique sur la mafia corse, quatre classiques pour réviser Godard : petit tour d’horizon du catalogue de rentrée de Netflix, qui s’annonce réjouissant.

Good Time des frères Safdie (13 septembre) 

Connie (Robert Pattinson), jeune braqueur instable, entraîne son frère Nick, handicapé mental (Ben Safdie) dans un braquage qui tourne mal. Nick se fait coffrer, et Connie, le temps d’une nuit effrénée, cherche à le faire évader… Sur le papier, Good Time remplit tous les codes du film policier. C’était sans compter sur les frères Safdie, qui s’amusent à dynamiter les a priori du genre. Montage dissonant, changements d’échelle de plans perturbants, couleurs fluo saturées, plan-séquences fébriles… L’esthétique cauchemardesque de ce bad trip remue d’autant plus qu’elle cohabite avec un romantisme totalement assumé – notamment à travers l’amour que voue Connie à son frère. En fantôme de la nuit complètement stone, Robert Pattinson, le visage furieux et les gestes électriques, livre une de ses meilleures performances.

Huit Femmes de François Ozon (déjà disponible)

La veille de Noël, dans une grande maison bourgeoise des années 1950, un père de famille est retrouvé poignardé. Autour de lui gravitent huit femmes, chacune avec le profil de la parfaite coupable… Véritable cluedo musical sophistiqué, Huit Femmes est aussi le portait amoureux (et cinglant) de huit actrices espiègles qui acceptent de jouer avec leurs propres images – Isabelle Huppert grimée en vieille fille, Emmanuelle Béart en soubrette libidineuse, Catherine Deneuve en bourgeoise féline. Ozon y dissémine des clins d’oeil cinéphiles savoureux (le strip-tease de Rita Hayworth dans Gilda repris par Fanny Ardant retirant ses gants, les citations aux dialogues de François Truffaut). Et y ajoute un dispositif de karaoké à la Resnais, qui permet à Danielle Darrieux de livrer dans un de ses derniers grands rôles une version déchirante d’Il n’y a pas d’amour heureux d’Aragon.

Le film est à voir ici.

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Quatre classiques de Jean-Luc Godard (déjà disponibles) 

Dans À bout de souffle (1960), Jean-Paul Belmondo incarne Michel Poiccard, jeune voyou dont l’idylle avec une jeune Américaine rencontrée sur les Champs-Élysées (Jean Seberg) se transforme en fuite effrénée vers la mort. Polar anticonformiste, romance désespérée, parodie de série B : le film  n’a pas pris une ride. Au programme aussi : Le Mépris (1963), dans lequel Godard observe avec froideur le délitement d’un couple (Brigitte Bardot et Michel Piccoli, dans les rôles d’un scénariste et de sa femme), épinglant au passages les rapports de séduction et de pouvoir qui dévorent le monde du cinéma. Pour ceux qui auraient déjà vu ces classiques, Netflix propose de découvrir Alphaville (1965), dystopie qui imagine un futur déshumanisé où les sentiments ont été bannis, et Détective (1985), triangle amoureux dans le monde de la mafia avec Johnny Hallyday, Nathalie Baye, Claude Brasseur et Jean-Pierre Léaud.

Le Diable, tout le temps d’Antonio Campos (16 septembre)

Adapté d’un roman noir de Donald Ray Pollock, ce filme relate sur deux générations les malheurs et les crimes qui s’abattent sur de pauvres hères aveuglés par l’ignorance et la foi. Avec un ton tragique et crépusculaire qui ne va pas sans rappeler celui de Sang pour sang des frères Coen, l’Américain Antonio Campos (Afterschool, Christine) signe pour Netflix une oeuvre sombre et violente qui pointe les ravages de la religion dans une Amérique damnée. D’une distribution impressionnante (Tom Holland, Riley Keough, Bill Skarsgärd, Mia Wasikowska…) se détache (encore une fois) l’interprétation magistrale de Robert Pattinson, en prédicateur halluciné et malfaisant.

Lire notre critique en intégralité.

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Une Vie violente de Thierry de Peretti (déjà disponible)

Dans cette fresque qui s’étend des années 1990 aux années 2000, le cinéaste propose une radiographie intime et profonde de la Corse, à travers l’histoire d’un nationaliste intello tiraillé entre militantisme et banditisme. Exilé à Paris pour fuir des menaces de mort, il revient sur l’île pour enterrer un de ses amis, précipitant le film dans un dédale viscéral de souvenirs enchâssés. Avec une beauté époustouflante, le cinéaste examine les tensions politiques et criminelles qui rongent la Corse, mais aussi son histoire, transmise des plus anciens aux plus jeunes au fil de récits exaltant misère et grandeur, et le poids de la fatalité qui semble peser sur chaque chose. Le film est disponible ici.

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