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Alors qu’Été 85, son prochain film qui a obtenu le label de la Sélection officielle du Festival de Cannes cette année, sort dans les salles le 14 juillet prochain, on a voulu revenir en trois courts-métrages sur l’univers à la fois noir et solaire de François Ozon, filmeur épicurien et fin analyste des troubles de l’identité.

Attention, certaines images peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes.

UNE ROBE D’ÉTÉ (1996)

Une maison de campagne en plein été. Deux beaux garçons en couple se chamaillent. L’un d’eux part à vélo à la plage. Nu sur le sable, il se fait aborder par une jeune femme espiègle d’origine espagnole, avec laquelle il fait l’amour (sa première fois avec une femme) sous un arbre. Se préparant à partir, il réalise que toutes ses affaires ont été volées et enfile la robe de cette fille. De retour à la maison, les perspectives ont bougé : son amant reste le même, mais le désir qu’il éprouve pour lui est vivifié… « Quand j’aperçois des enfants / Se poursuivre en s’amusant / Et faisant semblant de se tuer / Je me sens le coeur serré », chante l’innocente Sheila dans sa version de Bang-Bang, convoquée ici par Ozon (avant que Xavier Dolan n’utilise celle de Dalida dans Les Amours imaginaires). Oscillant entre légèreté et dangerosité, ce court solaire, camp et sensuel contient déjà en germe beaucoup d’éléments qui forgeront son cinéma (les jeux troubles de la séduction, une attention érotique aux corps…). À travers cette esthétisation de la nudité, Ozon semble déjà nous dire : pour vivre heureux, osons (re)devenir sauvages.  • JOSÉPHINE LEROY 

Le film est disponible en VOD sur la plateforme Universciné, suivez ce lien

Image © François Ozon

À VOIR  > Le teaser sensuel et nostalgique d’Été 85 de François Ozon

UN LEVER DE RIDEAU (2006)

« Tout amour est une servitude » : l’air narquois, Pierre (Mathieu Amalric) prononce cette sentence douloureuse à Bruno (Louis Garrel), amoureux transi de Rosette (Vahina Giocante), une éternelle retardataire qui le fait systématiquement attendre. Lassé de sa désinvolture, il confie à son ami Pierre que si elle n’arrive pas dans les trois-quart d’heure, il mettra fin à leur relation… Adapté d’une pièce méconnue d’Henri de Montherlant, ce court-métragedans la simplicité de son dispositif – un huis clos entre les murs d’une garçonnière, une attention aux visages impassibles des acteurs grâce à des cadres serrés -, parvient à rendre la complexité du sentiment amoureux. En conservant le verbe classique de Montherlant, rehaussé par cette mise en scène épurée, presque minimaliste, Ozon donne à ce trio vaudevillesque (mention spéciale à Amalric, à la fois conseiller conjugal et philosophe) une dimension tragique. Au milieu des méandres de la parole sentimentale, Ozon a pris soin de glisser quelques effets de distanciation à la Brecht (des allusions au spectateur brisant le quatrième mur, des regards-caméras, des références au spectacle théâtral) qui donnent à ce Lever de rideau la froideur bouleversante des films de Jean Eustache.  • LÉA ANDRÉ-SARREAU 

Le film est visible gratuitement en ligne sur le site de Première, suivez ce lien

Image : © Foz

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X2000 (1998) 

Comment François Ozon imaginait-il le passage à l’an 2000 ? On a la réponse grâce à court-métrage noir, à la lisière du fantastique, dans lequel le cinéaste filme encore une fois des personnages dans leur plus simple appareil. Dans un appartement, tous se réveillent, visiblement sonnés après cette folle soirée censée augurer un nouveau monde qui devient vite, par le truchement du héros, proche de la dystopie. Au sol, au milieu de verres cassés, deux hommes aux physiques de jumeaux sont emmitouflés comme des limaces dans des sacs de couchage, pendant que dans l’immeuble d’en face, on voit, à travers les fenêtres, un couple faire l’amour dans une pièce vide, et qu’une femme, livide, prend un bain les yeux écarquillés. Il suffit de quelques minutes pour que des fourmilles entrent dans la danse, macabre et étrange, et pullulent sur le corps nu du héros, qui s’en inquiète. Des années avant L’Amant double, Ozon convoquait déjà l’art de la mise en scène voyeuriste d’Hitchcock et l’érotisme mutant de David Cronenberg pour nous servir un cocktail à glacer le sang. • J.L. 

Le film est disponible sur la plateforme Brefcinéma, suivez ce lien

Image : © François Ozon

Image de couverture : photogramme d’Une robe d’été de François Ozon.

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