« Notre histoire. Chroniques du Caire » d’Abu Bakr Shawky, une vertigineuse épopée nationale

Étalé sur plus de deux décennies, « Notre histoire. Chroniques du Caire » d’Abu Bakr Shawky puise sa matière première dans l’intime et le roman national, avec un sens acéré du récit, sans rien sacrifier à l’humour.


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Combien admirable et délicate est l’ambition nourrie par Abu Bakr Shawky dans Notre histoire. Chroniques du Caire. Découvert en Sélection officielle au Festival de Cannes 2018 avec le réussi Yomeddine, le réalisateur accouche d’une œuvre-fleuve chevillant un récit intime aux contours autobiographiques à la grande histoire. En l’espèce, celle d’une famille égyptienne bousculée par trois guerres et l’assassinat d’un président, des événements s’étalant de 1967 à 1983. Dans l’entrelacs de ces grands chapitres nationaux serpentent les tribulations d’Ahmed (Amir El-Masry), pianiste frustré, et celles de sa famille légèrement braque, obsédée par le football et le mauvais sort qui s’acharne sur elle. Sans oublier les aventures de Liz (Valerie Pachner), la correspondante autrichienne d’Ahmed.

Ce qui frappe d’emblée dans ce film, c’est la manière dont Abu Bakr Shawky met en scène un chaos généralisé : dans l’appartement familial étroit, où l’on passe d’une pièce à un visage par l’intermédiaire d’un brusque mouvement de caméra ; dans la rue, où l’on s’écharpe pour son équipe de foot. C’est remuant, vertigineux, comique. Et bruyant. De cette cacophonie (de voix, de chansons, de sirènes et de bombes), ces chroniques cairotes tirent leur singulière musique. Et si nous tenions là l’œuvre la plus joyeusement bruyante de l’année ? For sure…

Notre histoire. Chronique du Caire d’Abu Bakr Shawky, Maverick (2 h 00), en salle le 1er juillet.