« Le 13e round » de Mohamed Ali Nahdi : une quête intimiste sur l’acceptation

Lauréat du Meilleur film au Festival international de Fajr en Iran, le deuxième long-métrage de Mohamed Ali Nadhi raconte le combat intime et cruel d’une famille face à la maladie. 


le 13e round

Kamel est un ancien champion de boxe tunisien, qui rêve de transmettre son rêve de grandeur à son jeune fils, Sabri. Mais un tout autre combat vient de débuter pour le garçon de 8 ans. Atteint d’une maladie grave, le premier round commence, en plein quartier populaire de Tunis, au milieu d’hôpitaux surchargés et du manque d’argent de ses parents. Alors que l’espoir s’amenuise pour laisser, peu à peu, place à la résilience, la maladie de Sabri pousse son père à se confronter de nouveau à son passé. 

Mohamed Ali Nahdi se penche, sans jamais chercher les larmes plus que nécessaire, sur le sujet lourd et sensible des maladies infantiles. Le dosage parfait, entre douceur et violence, qu’il y insuffle nous pousse à rentrer dans cette relation familiale intimiste, sans jamais nous laisser indifférent. A travers des plans contemplatifs, déjà présents dans ses précédents films  « Moez » ou « Le projet », le réalisateur nous introduit avec justesse dans la maladie et comment cette dernière impacte les trajectoires des différents personnages et leurs relations les uns avec les autres.

Le 13e round prend ainsi la forme d’un combat de boxe métaphorique, grâce à des plans où le jeune Sabri frappe la caméra, et semble se battre désespérément contre elle. La caméra devient alors le symbole de la maladie, omniprésente mais jamais visible. L’enfant ensanglanté frappe, prend le dessus, tombe, se relève et nous confronte à la dureté d’une réalité que chacun cherche à rejeter.

Le 13e round de Mohamed Ali Nahdi, GAWL (1 h 25), sortie le 29 avril.