« La bola negra », « Roma Elastica », « Histoires de la nuit »… Les 30 films de Cannes qu’on attend le plus

Avec son affiche célébrant l’incendiaire duo Thelma et Louise du film culte de Ridley Scott, la 79e édition du Festival de Cannes s’annonce rebelle et pleine de vitalité. Sur les vingt et un films annoncés en Compétition au moment où l’on boucle, onze sont réalisés par des cinéastes qui font leur première entrée dans la course à la Palme d’or. On vous livre ici nos plus grandes attentes, toutes sélections confondues.Retrouvez notre couverture quotidienne du 12 au 23 mai sur ce site et nos réseaux sociaux.


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La bola negra

de Javier Ambrossi et Javier Calvo

Sélection officielle – Compétition

Fin 2024, Arte diffusait La mesías, une série espagnole d’une audace rare, qui raconte la bascule d’une mère et de ses enfants dans une secte ultracatholique, des années 1980 aux années 2010. Un show à la fois crépusculaire, fou, flamboyant. Derrière la caméra, un duo madrilène inconnu du public français, surnommé dans leur pays « Los Javis ». Passés maîtres dans l’art de marier kitsch et sacré, les cinéastes font une entrée remarquée en Compétition avec ce film réunissant Penélope Cruz et Glenn Close. Dans La bola negra, ils revisitent trois époques (1932, 1937 et 2017) à travers le destin de trois hommes, liés par un « même fil invisible ».

Coward

de Lukas Dhont

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Sélection officielle – Compétition

Trois films, trois sélections cannoises. C’est le record du jeune cinéaste belge Lukas Dhont. En 2018, Girl, son premier long, était sélectionné à Un certain regard et repartait avec la Caméra d’or. En 2022, Close remportait le Grand Prix ex æquo en Compétition officielle. De quoi présager le meilleur pour Coward, qui prétend cette année à la Palme d’or. Le cinéaste raconte ici l’histoire de deux soldats belges pendant la Première Guerre mondiale. Ensemble, ils vont tenter de remonter le moral des troupes en montant une pièce de théâtre. Deux acteurs inconnus, Emmanuel Macchia et Valentin Campagne, portent ce long qu’on devine être une réflexion sur l’art comme résistance.

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Autofiction

de Pedro Almodóvar

Sélection officielle – Compétition

Après La Chambre d’à côté, Lion d’or à Venise en 2024, Pedro Almodóvar revient avec Autofiction, un autoportrait qu’on imagine déjà virtuose, ironique et désabusé. Il se projette sur Raúl (Leonardo Sbaraglia), réalisateur, un avatar qui trouve chez Elsa (Bárbara Lennie), personnage du film dans le film, un alter ego de fiction. Sortie prévue le 20 mai.


La Vie d’une femme

de Charline Bourgeois-Tacquet

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Sélection officielle – Compétition

Dans Les Amours d’Anaïs (Semaine de la critique, 2021), la réalisatrice filmait Anaïs Demoustier, thésarde volage et hédoniste, en pleine errance amoureuse. On retrouve Charline Bourgeois-Tacquet, pour la première fois en Compétition, avec un nouveau portrait féminin. Dans La Vie d’une femme, Léa Drucker campe Gabrielle, chirurgienne à l’hôpital, vouée à son métier au point d’en oublier sa vie privée. Le jour où une romancière (Mélanie Thierry) s’immerge dans son service pour les besoins d’un livre, son quotidien déraille… Des héroïnes aux prises avec des injonctions contradictoires, tiraillées entre liberté et norme : le film a tout pour nous séduire. Sortie prévue le 9 septembre.

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L’Être aimé

de Rodrigo Sorogoyen

Sélection officielle – Compétition

Derrière les tendus Que Dios nos perdone (2016), El Reino (2018) et l’inoubliable As Bestas (2022), mais aussi la série très fine Los años nuevos (2024), le réalisateur madrilène pourrait nous déchirer le cœur avec ce film méta. On y suit l’histoire d’un réalisateur célèbre (Esteban Martínez, joué par Javier Bardem) qui engage pour son prochain film une actrice inconnue : sa fille, qu’il n’a pas vue depuis 13 ans (Victoria Luengo, vue chez Pedro Almodóvar). Leurs retrouvailles sur le tournage ravivent des souvenirs et des blessures. Sortie prévue le 18 mai.

Soudain

de Ryūsuke Hamaguchi

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Sélection officielle – Compétition

On a repéré le Japonais en 2018 (on avait fait la couv sur son film Asako I & II, son premier à intégrer la Compétition cannoise). En 2021, son merveilleux Drive My Car remportait le Prix du scénario à Cannes. En 2023, son tout aussi précieux Le mal n’existe pas raflait le Grand Prix du jury à Venise. On est dans les starting-blocks pour son nouveau long, sobrement intitulé Soudain, son premier en langue française – on imagine l’accomplissement pour ce fan d’Éric Rohmer. Virginie Efira y campe une directrice de maison de retraite en banlieue parisienne, dont la vie bascule quand elle rencontre une dramaturge japonaise en phase terminale (Tao Okamoto). Sortie prévue le 12 août.

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L’Inconnue

d’Arthur Harari

Sélection officielle – Compétition

Ses vibrants et singuliers Diamant noir (2016) et Onoda. 10 000 nuits dans la jungle (2021) avaient déjà marqué nos esprits. Arthur Harari a confirmé son talent en cosignant le scénario de la Palme d’or très remarquée Anatomie d’une chute de Justine Triet. Le voilà trois ans plus tard pour la première fois en Compétition avec un film qu’il a réalisé : l’adaptation de la BD Le cas David Zimmerman, coécrite avec son frère Lucas Harari (Sarbacane, 2024). L’histoire d’un photographe de 40 ans solitaire, entraîné à une fête par ses amis, qui se fascine pour une femme et se réveille le lendemain dans la peau de cette inconnue. Le casting (Léa Seydoux et Niels Schneider) achève de nous convaincre.

Paper Tiger 

de James Gray

Sélection officielle – Compétition

Deux frères à la poursuite du rêve américain, rattrapés par une affaire liée à la mafia russe. Voilà le pitch de ce polar sélectionné en dernière minute Régulièrement sélectionné en Compétition – et toujours reparti bredouille -, James Gray connaît comme sa poche les artères new-yorkaise (Little Odessa, 1994, La Nuit nous appartient, 2007). Régulièrement sélectionné en Compétition – et toujours reparti bredouille – le réalisateur mise sur un casting de taille : Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller. 

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Garance

de Jeanne Herry

Sélection officielle – Compétition

En trois longs métrages, Jeanne Herry s’est construit une carrière impressionnante, avec des films aux scénarios très maîtrisés, abordant avec précision des thématiques sociétales : les relations parasociales dans Elle l’adore (2014), l’adoption dans Pupille (2018) et la justice restaurative dans Je verrai toujours vos visages (2023). Garance marque sa première sélection à Cannes et ses retrouvailles avec Adèle Exarchopoulos (césarisée en 2024 pour Je verrai toujours vos visages), qui incarnera, dans cette œuvre-fleuve se déroulant sur huit ans, une jeune actrice confrontée à sa dépendance à l’alcool. Sortie prévue le 23 septembre.

Quelques Jours à Nagi

de Kōji Fukada

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Sélection officielle – Compétition

Yoriko, une artiste installée à Nagi, village reculé dans les montagnes de l’ouest du Japon, retrouve Yuri, l’ex-femme de son frère, une architecte venue lui servir de modèle pour une sculpture. En parallèle, on suit deux jeunes garçons de Nagi, Keita et Haruki, dont l’un s’apprête à partir… On se demande comment Kōji Fukada, qui a souvent mis en scène des communautés déstabilisées par l’irruption d’individus mystérieux (Harmonium, 2017 ; Hospitalité, 2021) reprendra ce canevas ici. On s’attend à une réflexion deep sur son art, autant que sur la manière dont la guerre peut heurter celui-ci – Nagi étant une base militaire.

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Le Triangle d’or 

d’Hélène Rosselet-Ruiz

Sélection officielle – Séance spéciale

On est très curieux du premier long métrage d’Hélène Rosselet-Ruiz (coréalisatrice de Ibiza et Les Reines du Mambo). C’est l’histoire de Laura, une jeune femme qui se fait embaucher pour assister Souria, une jeune et riche Saoudienne, propriétaire d’un luxueux appartement parisien. Alors que tout les oppose, les deux jeunes femmes vont chercher à s’émanciper de leur condition. Malou Khebizi, géniale révélation de Diamant brut d’Agathe Riedinger, ainsi que Soundos Mosbah et Ziad Bakri sont au casting.

Notre salut

d’Emmanuel Marre

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Sélection officielle – Compétition

On avait relevé sa sensibilité et son esthétique naturalistes dès ses premiers courts et moyens métrages (dont Le Film de l’été, 2018, et D’un château l’autre, 2019). Emmanuel Marre passait brillamment au long avec Rien à foutre (2022), coréalisé avec Julie Lecoustre (Adèle Exarchopoulos y est exceptionnelle de justesse en hôtesse de l’air de compagnie low cost). Changement complet de décor pour Notre salut, qui nous propulse en septembre 1940 et suit Henri Marre (Swann Arlaud), auteur d’un manuscrit, qui arrive à Vichy dans l’espoir de se faire remarquer par le régime collabo. Avec ce personnage surgi d’un passé sombre qui porte son nom, le cinéaste nous intrigue beaucoup.

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Fjord

de Cristian Mungiu

Sélection officielle – Compétition

Le cinéaste roumain, palmé en 2007 pour 4 Mois, 3 semaines, 2 jours – dont on adore la mise en scène toute en tension larvée, en mystères et en plans séquences –, s’installe dans les fjords norvégiens pour y filmer deux familles voisines, qui sympathisent jusqu’à ce que tout déraille lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur un des enfants. Le casting réunit Renate Reinsve, Prix d’interprétation à Cannes pour Julie (en 12 chapitres) en 2021, et Sebastian Stan, vu dans l’univers Marvel ou en Donald Trump dans The Apprentice, et devenu chauve pour l’occasion. Exciting, on vous dit ! Sortie prévue le 19 août.

The Man I Love

d’Ira Sachs

(c) Jac Martinez

Sélection officielle – Compétition

Notre chouchou Ira Sachs perce enfin en Compétition cannoise avec un long métrage musical situé pendant les années sida, dans les années 1980, à New York. Rami Malek, oscarisé pour son rôle de Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody, et Rebecca Hall se partagent le haut de l’affiche pour un récit qui s’intéresse à Jimmy George, un artiste tiraillé entre l’amour et ses zones d’ombre, hanté par la maladie et la mort. Des résonances toutes trouvées avec le précédent film de Sachs, Peter Hujar’s Day, inédit en France, qui se concentre sur une journée de la vie du photographe new-yorkais Peter Hujar, mort du sida en 1987, avec déjà Rebecca Hall au casting.

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Teenage Sex and Death at Camp Miasma

de Jane Schoenbrun

Sélection officielle – Un certain regard

Repéré·e en 2024 avec son deuxième long passionnant et hanté I Saw the TV Glow, Jane Schoenbrun, cinéaste non binaire, débarque à Cannes en sélection officielle avec l’excitant Teenage Sex and Death at Camp Miasma. Le récit d’une réalisatrice queer (Hannah Einbinder, géniale dans la série Hacks) chargée de mettre en scène le nouveau volet d’une franchise de slashers, et obsédée par le fait de caster l’actrice qui jouait la final girl dans le film original et vit aujourd’hui recluse (Gillian Anderson, l’héroïne de la série X-Files que Schoenbrun vénérait, ado). Avec, cerise sur le gâteau, Eva Victor (Sorry, Baby) au casting.

Le Vertige et Full Phil

de Quentin Dupieux

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Quinzaine des cinéastes et Sélection officielle – Séance de minuit

Surprise ! Quentin Dupieux voit double, avec deux films sélectionnés cette année. Dans Full Phil, en Séance de minuit, il met en scène un riche industriel américain (Woody Harrelson) qui cherche à renouer avec sa fille, Madeleine (Kristen Stewart), à Paris, sur fond de gastronomie française. Avec Le Vertige, à la Quinzaine, il se frotte au film d’animation, en 3D et en motion capture. Alain Chabat, Jonathan Cohen et Anaïs Demoustier ont prêté leur voix et leur visage aux personnages, qui apprennent une nouvelle déstabilisante : l’humanité entière vit dans une simulation. Les fans des Sims en auront pour leur argent.

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Histoires parallèles

d’Asghar Farhadi

Sélection officielle – Compétition

Lauréat de l’Ours d’or du meilleur film pour Une séparation (2011), de deux Oscars du film étranger (2012 et 2017), ou encore du Grand Prix cannois pour Un héros (2021), Asghar Farhadi est de retour en Compétition à Cannes avec Histoires parallèles. Dans ce film tourné à Paris et entièrement en langue française, le cinéaste iranien propose un jeu de piste narratif avec un casting de stars (Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Vincent Cassel, Pierre Niney…). Sortie prévue le 14 mai.

Sanguine

de Marion Le Corroller

Sélection officielle – Séance de minuit

La Française a signé des courts aux pitchs alléchants pour tout fan de body horror, comme Poupée fondue, sur une star de télé-réalité accro à la chirurgie esthétique qui entreprend de redevenir elle-même, ou Dieu n’est plus médecin, sur une jeune interne qui se met à transpirer du sang. Son premier long suit à nouveau une interne aux urgences, confrontée à des symptômes inexpliqués. Tient-on la nouvelle Coralie Fargeat, dont The Substance avait éclaboussé la Croisette en 2024 ? Les deux films partagent en tout cas le même maquilleur effets spéciaux, l’excellent Pierre-Olivier Persin – il avait notamment réalisé les prothèses bien dégueu de la créature Monstro Elisasue. Sortie prévue le 28 octobre.

Roma elastica

de Bertrand Mandico

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Sélection officielle – Séance de minuit

Marion Cotillard et Noémie Merlant chez le réalisateur des baroques, oniriques et opératiques Les Garçons sauvages et Ultra Pulpe ? Il n’en faut pas plus pour nous teaser. L’histoire nous plongera dans le tout dernier tournage d’une actrice, à Rome, dans les années 1980. On s’imagine déjà Mandico exhumant des références ciné pointues pour les ranimer et parlant du statut des actrices aujourd’hui – réflexion qu’il avait déjà entamée dans son précédent film, Conann. Après l’étrange La Tour de glace de Lucile Hadžihalilović (2025), Marion Cotillard fait des choix toujours plus aventureux, et ça nous plaît beaucoup.

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Jim Queen

de Nicolas Athané et Marco Nguyen

Sélection officielle – Séance de minuit

Jim Queen fait le portrait de toutes les branches de la communauté gay (gym queens, twinks, bears, fetish…) en imaginant qu’elle est soudain menacée par une dangereuse IST : l’hétérose. L’horreur absolue pour Jim Queen (Alex Ramirès), influenceur roi de la salle de sport, lorsqu’il se découvre des symptômes. Heureusement, son plus grand follower, Lucien (Jérémy Gillet, l’un de nos 25 de moins de 25 cette année), twink qui débarque dans la communauté, va l’aider à trouver un remède… Le premier long métrage du studio d’animation Bobbypills, connu pour la série Les Kassos, devrait dynamiter la sélection cannoise en Séance de minuit, à coups d’humour trash et d’outrance camp.

Dora

de July Jung

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Quinzaine des cinéastes

On est très sensibles au style mélancolique et délicat de la cinéaste sud-coréenne July Jung, qui nous a déjà offert deux récits d’émancipation singuliers, portés par l’excellente Bae Doo-na : A Girl at My Door (2014) et About Kim Sohee (2023). La modernité de ses personnages féminins nous ayant jusqu’ici emportés, on a bon espoir que ce sera le cas avec Dora, annoncé comme un drame sur une jeune fille atteinte d’une maladie la faisant souffrir tant mentalement que physiquement, qui entrevoit une guérison quand elle tombe amoureuse. Avec, cette fois, la Japonaise Sakura Andō en tête d’affiche, vue chez Hirokazu Kore-eda et Kiyoshi Kurosawa.

Merci d’être venu

d’Alain Cavalier

Quinzaine des cinéastes

« Dernier épisode du journal filmé d’Alain Cavalier », indique sobrement le synopsis de ce documentaire mystérieux. Depuis plus de cinquante ans, le cinéaste français, génial diariste, nous éblouit avec ses récits à la première personne. On pense à Ce répondeur ne prend pas de messages (1979), dans lequel il recouvrait de noir les murs de son appartement, créant un tombeau pour supporter le deuil de son épouse. Ou encore à L’Amitié (2023), son dernier docu en date, hommage à trois grands amis : Boris Bergman, Maurice Bernart et Thierry Labelle. Avec son titre malicieux et provocateur, Merci d’être venu s’annonce comme un (faux) adieu au cinéma.

Shana

de Lila Pinell

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Quinzaine des cinéastes

Après l’avoir révélée dans le moyen métrage Le Roi David, prix Jean-Vigo 2021, Lila Pinell retrouve son acolyte Eva Huault pour Shana. Dans ce premier long métrage, l’actrice compose une princesse galérienne qui doit faire face à bien des épreuves : sa grand-mère vient de mourir, son ex toxique est sorti de prison… Heureusement, elle peut compter sur sa bande de copines. Venue du documentaire – Kiss & Cry, présenté à l’ACID en 2017 –, Lila Pinell a un don pour les dialogues naturalistes, les situations absurdes et les personnages plus grands que la vie. On a hâte de faire la connaissance de Shana, qui pourrait devenir notre nouvelle héroïne des temps modernes. Sortie prévue le 17 juin.

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Du fioul dans les artères

de Pierre Le Gall 

Semaine de la critique – Séance spéciale

Le scénariste du court métrage Les Belles Cicatrices, en sélection officielle à Cannes 2025 et nommé aux César 2026, passe au long avec un pitch et un casting qui donnent tout de suite envie. Alexis Manenti, acteur qu’on a adoré dans Le Ravissement d’Iris Kaltenbäck ou Le Mohican de Frédéric Farrucci, incarnera un routier enchaînant les rencontres furtives et anonymes, jusqu’à ce qu’il croise un camionneur polonais… Le réalisateur, qui a grandi en face d’une départementale, nous saisira sûrement à travers une échappée amoureuse dans un milieu peu filmé.

La Gradiva

de Marine Atlan

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Semaine de la critique – Compétition

Brillante chef-opératrice que le jeune cinéma d’auteur s’arrache (Alexis Langlois, Iris Kaltenbäck, Louise Hémon, Caroline Poggi et Jonathan Vinel) pour ses images somptueuses, et réalisatrice de courts métrages sensibles comme Daniel fait face (2018), la Française Marine Atlan présente à la Semaine de la critique son premier long, sur un groupe de lycéens français en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi. Alors qu’elle recevait le prix de la Fondation Gan en 2024, elle nous confiait son désir de faire évoluer la forme de son récit, jusqu’à « assum[er] le mélodrame » façon Douglas Sirk ou Guy Gilles. Autant dire que notre attente est fiévreuse.

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Tin Castle (Irish Travellers )

d’Alexander Murphy

Semaine de la critique – Compétition

On a découvert ce prometteur cinéaste franco-irlandais avec un premier documentaire sorti en février dernier, Au-delà de Katmandou, sur quatre sœurs népalaises soudées sur le point de tracer chacune leur route. Le voilà propulsé à la Semaine de la critique avec son deuxième film, qui suit lui aussi une famille, cette fois en terres irlandaises. Les O’Reilly, composés d’un couple et de ses dix enfants, vivent dans une vieille caravane échouée au milieu des champs et sont menacés d’expulsion. On s’attend à une vibrante immersion dans la vie et les traditions de ces Irish Travellers, les gens du voyage irlandais.

Her Private Hell

de Nicolas Winding Refn

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Sélection officielle – hors Compétition

Dix ans après son vénéneux The Neon Demon, et après un détour par la série (Too Old To Die Young en 2019, Copenhague Cowboy en 2023), le cinéaste danois – dont le style radical et expérimental peut fasciner autant qu’agacer – fait son grand retour au cinéma. Dans Her Private Hell, une brume mystérieuse envahit une métropole futuriste et y libère une présence mortelle, poussant une jeune femme à partir à la recherche de son père, tandis qu’un GI américain tente désespérément de sauver sa fille de cet enfer. On sent que ce film, porté par les très prometteurs Charles Melton (May December) et Sophie Thatcher (Heretic), va faire parler de lui.

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Virages

de Céline Carridroit et Aline Suter

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Il est des films dont on ne sait presque rien, mais qui nous séduisent par leur pitch et leurs premières images. À l’ACID, la plus défricheuse des sélections parallèles de Cannes, on a très envie de découvrir Virages, un documentaire franco-suisse sur une femme qui assemble des montres dans une manufacture de Genève et décide, un été où elle ne part pas en vacances, de retaper sa vieille Coccinelle pour « affronter le milieu de la mécanique qui l’a rejetée ». On imagine un film expérimental solaire et féministe, plein d’embardées intimes et politiques.

Barça zou

de Paul Nouhet

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ACID

Aussi en sélection ACID, un autre synopsis – et un titre qui sonne – nous fait saliver. Celui de Barça zou du Bordelais Paul Nouhet. Jugez plutôt : « L’été de leurs 18 ans, Émile, Paul, Hascoët et Léo partent à Barcelone, la Mecque du skateboard, pour leurs premières vacances entre potes. Dix ans plus tard, ils s’appellent et se refont le film. » Une promesse qu’on espère osciller quelque part entre le cinéma d’Éric Rohmer et celui de Harmony Korine, avec notamment au casting Billie Blain, qui fait partie de la promo de nos 25 de moins de 25 de cette année.