Pourquoi Ira Sachs va créer la surprise avec « The Man I Love », en Compétition à Cannes

Le cinéaste (Passages), qui nous a toujours saisi par la profondeur émotionnelle de ses films, fait sa deuxième entrée en Compétition à Cannes cette année – avec James Gray, il sera le seul Américain. 


(c) Jac Martinez

On avait laissé le réalisateur avec Peter Hujar’s day, projeté au dernier festival de Berlin, autour du photographe emblématique du New York underground des années 1970-1980. Dans beaucoup de ses films (Keep The Lights On, Love Is Strange, Brooklyn Village) Ira Sachs a su sonder ce qui traversait sa ville tout en sondant sa mémoire queer.



Très inspiré par le cinéma français (par Rohmer notamment), le cinéaste revient au New York eighties, plombé par la crise du VIH-sida, avec The Man I Love. Le pitch officiel : « New York, fin des années 1980, Jimmy George, figure iconique de la scène théâtrale, vit en couple avec le plus tendre et attentionné des amants. Mais devant la mort qui lui est promise, la soif de vivre et de créer, de désirer et d’aimer, une dernière fois, est plus forte que tout. »

Le film est décrit par la production, à Variety, comme une « fantaisie musicale sur une ville en détresse » avec Rami Malek, Rebecca Hall ou Ebon Moss-Bachrach. On sait à quel point le cinéaste américain sait filmer l’amour qui tout à coup chavire, se transforme, prend des directions inattendues. On compte sur lui pour créer la surprise avec ce tournant lyrique, qui ne peut que décupler tout ce provoque chez nous son cinéma infiniment sensible.

Doit-on s’attendre à la nouvelle grande comédie musicale avec pour toile de fond la lutte contre le VIH-sida ? Après Zero Patience (1993) de John Greyson ou la version opéra d’Angels In America par Peter Eötvös, créée au Châtelet en 2004, on se demande comment Ira Sachs va nous étonner, nous mobiliser, nous émouvoir.