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Todd Phillips revendique l’influence de Chantal Akerman sur son « Joker »

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Le documentaire épistolaire News From Home (1977) de la cinéaste, qui prend pour cadre le New-York des années 1970, aurait inspiré le réalisateur pour ce film qui s’annonce fou, entre réalisme psychologique et descente dans la folie.

L’ère des films de super-héros biberonnés à l’action et à la surenchère serait-elle révolue? En récoltant le Lion d’or à Venise, le Joker de Todd Phillips semble avoir ouvert la voie à une représentation plus réaliste et exigeante des méchants issus de l’univers DC. On se doutait un peu que ce nouveau Joker ne serait pas comme les autres, qu’il cultiverait habilement sa différence grâce à une mosaïque de références. Présenté par Robert De Niro -qui y interprète Murray Franklin, un animateur de talk-show déluré- comme un hommage à La Valse des pantins de Martin Scorsese, le film a aussi été encensé par la critique américaine comme un thriller psychologique sous influence de Taxi Driver, et on ne compte plus les articles qui recensent toutes les œuvres dont il semble s’être nourri -comme ce top d’IndieWire qui vous conseille les 17 films à revoir avant de vous plonger dans cette origin story, de Serpico à The Master en passant par Le Cabinet du Docteur Caligari.

Mais on doit dire que la dernière influence revendiquée par Todd Phillips nous étonne autant qu’elle nous réjouit. Une internaute a posté sur son compte Twitter l’extrait d’une intervention de Todd Phillips dans laquelle il explique que son film doit un peu à News From Home (1977), le bouleversant documentaire de Chantal Akerman en forme de conversation épistolaire avec sa mère, dans lequel la cinéaste belge lisait d’une voix fragile les mots de cette figure absente comme pour la faire apparaître à ses côtés.

Quels liens secrets entre ce film autobiographique quasi expérimental, contemplatif et nostalgique, et ce Joker à la sauce indé? Chantal Akerman a filmé dans News From Home, grâce à de longs-plans séquences en extérieurs, le New-York des années 1970 -exactement là où Todd Phillips a posé sa caméra pour retracer la genèse du personnage du Joker et son basculement dans la folie. Le film d’Akerman saisissait avec une acuité et un poésie saisissantes l’esprit d’une époque, les méandres labyrinthiques de cette ville-monstre qui avale les êtres. Autant dire que le Joker risque bien d’en faire de même, dans une veine à la fois sociale et politique, en capturant les rues poisseuses du New-York qui a vu naître l’un des méchants les plus perturbants.

Image: Joaquin Phoenix dans Joker de Todd Phillips. Copyright 2019 Warner Bros. Entertainment Inc

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