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« Portrait de la jeune fille en feu » : Que veulent dire les paroles de la scène musicale ?

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Céline Sciamma a traduit elle-même en latin une citation de Nietzsche, qui résonne comme une ode à l’émancipation artistique de ses personnages.

Derrière toutes les bandes-originales de Céline Sciamma se cache une collaboration à quatre mains avec Para One (de son vrai nom Jean-Baptiste de Laubier), producteur électro français qui a conçu l’univers musical des quatre films de la réalisatrice. On se souvient des notes métalliques des synthés dans Naissance des pieuvres, qui émergeaient des profondeurs aquatiques pour faire éclater le désir des personnages, du thème à cordes aérien de Bande de filles qui extirpait l’héroïne du béton de la cité, ou encore de l’unique chanson de Tomboy, dont les notes récréatives marquaient la naissance de l’amour entre deux petites filles. Bref, on l’aura compris, rien dans la mise en scène de Sciamma ne relève de l’anecdote, encore moins les partitions musicales, qui peuvent se lire comme des partitions de vie où s’impriment les destins des êtres.

Sa dernière fresque brûlante, Portrait de la jeune fille en feu, ne fait pas exception à la règle. Bien qu’on y entende que trois minutes de musique, notamment lors d’une séquence autour d’un feu située au milieu du film, cet intermède renferme beaucoup de secrets. D’abord parce que le thème qu’on y entend marque, d’après Para One, un vrai basculement dans la relation entre les personnages (« Il y a un vrai bouleversement narratif et je trouve ça beau. C’est un vrai nœud dans le film à partir duquel les choses s’accélèrent » a-t-il déclaré au Huffington Post), et ensuite parce que Sciamma, lors d’une projection du film à l’Espace 1789 de Saint-Ouen hier, a expliqué que l’unique phrase du morceau, scandée en boucle par un choeur de femmes, était en réalité une phrase du philosophe allemand Friedrich Nietzsche, traduite imprécisément en latin sur Google Translate et signifiant: « Plus nous nous élevons et plus nous paraissons petits à ceux qui ne savent pas voler ».

Pour les amoureux des langues mortes -on sait qu’ils sont beaucoup plus qu’on ne le pense-, la version latine est tout aussi musicale: « Et amplius non oriri et parva videntur esse, qui neque volare possit ». En tout cas, ce clin d’oeil discret résonne comme une clé métaphorique pour comprendre l’émancipation par l’art de des deux héroïnes, une petite morale qui célèbre leur faculté à s’évader des carcans sociaux par le dialogue intellectuel et amoureux. Mais on vous laisse juger par vous-même du sens de cette mystérieuse maxime.

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