
Tout commence par une explosion. Nucléaire, immense, destructrice. Pour échapper à une fin annoncée, quatre akènes de pissenlit fuient la Terre à la recherche d’une nouvelle planète sur laquelle ils pourront trouver refuge. Et ce n’est pas une mince affaire : entre des écosystèmes peu accueillants et des créatures terrifiantes, ce voyage vers un nouveau chez-soi tourne vite à l’aventure homérique…
Là est le premier tour de force de Momoko Seto : avec Planètes, elle parvient à faire ressentir de la compassion pour quatre graines échevelées sur lesquelles chaque enfant a un jour soufflé sans même y penser. Mais la grande réussite de ce premier long métrage, c’est ce qu’il nous donne à voir. Si les protagonistes de cette histoire sont réalisés en 3D, tout le reste de l’univers imaginé par la réalisatrice a été fait à partir de véritables plantes et animaux filmés en timelapse et en macro. Des feuilles de bégonia deviennent ainsi une forêt enchantée, quand des têtards se transforment en monstres marins.
En changeant la perspective, grâce à ce « stop motion du vivant », Momoko Seto fait de nous des Alice aux pays des merveilles hallucinées à l’idée de redécouvrir notre monde et sa magie à laquelle nous ne prêtons plus attention depuis des lustres. Planètes est une révélation pour nos regards bétonnés.
Planètes de Momoko Seto, sortie le 11 mars, Gebeka Films (1 h 15)
