
Figure montante de Happy Fanfare, un girl band japonais, la discrète Mai passe ses journées à répéter chorégraphies et morceaux sirupeux avec ses quatre comparses. Épuisée par un rythme de travail pensé pour faire de ces jeunes femmes des « idoles », autrement dit des stars professionnelles, et appelée par les aspérités du monde extérieur, Mai se laisse glisser dans une romance avec un jeune magicien de rue. Or, il est formellement interdit aux idoles d’entretenir une relation avec le sexe opposé…
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À peine remis du ballet émotionnel si soigné que déployait Love Life en 2023, nous voilà à nouveau étreints par le cinéma symphonique de Kōji Fukada. Dans Love on Trial, derrière les titres dégoulinants d’amour chaste qu’interprètent en play-back les Happy Fanfare se joue l’émouvante partition d’une émancipation en plusieurs mouvements. Dès la première scène, la caméra va chercher une Mai assoupie au fond d’un bus de tournée pour mieux filmer ensuite son grand réveil et accompagner une vertigineuse tombée des masques. Et s’il s’apparente souvent à un documentaire dans sa première partie – Fukada en a visionné de nombreux sur le management des idoles pour comprendre les mécanismes d’oppression à l’œuvre dans ce milieu –, le film s’accorde ensuite d’intéressants pas de côté, empruntant çà et là au réalisme magique, au thriller ou encore au film de procès.
Love On Trial, en salle le 25 mars, de Koji Fukada, Art House/MK2 Films (2 h 03).


