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Le final de Dix pour cent, une comédie musicale de Damien Chazelle, la suite de Sex Education et de Fargo : le binge-watching s’annonce intense pour 2020. Tour d’horizon des séries les plus attendues.

Dix pour cent, saison 4 (France 2)

C’est La Der des Der pour ASK et son équipe d’agents artistiques névrosés brillamment menée par Camille Cottin. Pour son ultime saison, la série française, délicieuse infiltration au sein d’une prestigieuse agence d’acteurs parisienne, s’offre une nouvelle liste de guest-stars imparable. Sigourney Weaver (si, si), Sandrine Kiberlain, Charlotte Gainsbourg, Muriel Robin, José Garcia, Mimie Mathy et Franck Dubosc s’essayeront à l’exercice délicat de l’auto-dérision. Si la saison 3 s’avérait un peu décevante, laissant de côté les portraits corrosifs de ses guests pour accorder plus d’importance aux sous-intrigues sentimentales de ses protagonistes, on compte sur les showrunners (Victor Rodenbach et Frédéric Rosset, en remplacement de Fanny Herrero, créatrice de la série), pour offrir un final de taille.

Baron noir, saison 3 (Canal +)

Sans faire de chauvinisme mal placé, la France n’a rien à envier aux scénaristes américains en ce qui concerne les fictions politiques. La preuve avec notre House of Cards national : Baron Noir, série sidérante de réalisme mais monstrueusement romanesque, écrite par Eric Benzekri et Jean-Baptiste Delafon, sur les coulisses du Parti socialiste, ses magouilles intestines, ses guerres fratricides. A la fin de la saison 2, Philippe Rickwaert (Kad Merad, formidable dans ce rôle à contre-emploi), ex-député de Dunkerque sorti de prison pour une affaire de corruption, était prêt à tout pour devenir Président de la République…Tout comme dans son précédent opus, qui se nourrissait des bouleversements politiques imprévisibles de notre époque (l’entrée dans la course à la présidentielle d’Emmanuel Macron, l’implosion du PS) pour démontrer avec cynisme que la réalité a supplanté tous les scénarios-fictions, cette deuxième saison devrait continuer à se frotter à notre présent.

Le Bureau des légendes, saison 5 (Canal +)

Après quatre saisons en compagnie de Guillaume Debailly – Malotru de son nom de code -, mystérieux espion de la DGSE qui avait trahi son pays pour protéger la femme qu’il aime, le dernier épisode du Bureau des légendes avait laissé en suspens le sort de son personnage, séquestré et drogué quelque part en Ukraine.

  • ATTENTION SPOILERS (pour les retardataires qui ne l’auraient pas encore vu)

Dans la scène finale, Guillaume retrouvait Nadia et sa fille dans un restaurant parisien, le sourire aux lèvres. Est-elle un songe, ou la dernière image qu’il voit avant sa mort ? Réponse dans cette prochaine saison, dont Jacques Audiard réalisera les deux derniers épisodes. De quoi prolonger le suspense de la meilleure série d’espionnage française, qui en plus d’être une étude implacable des affaires géo-politiques qui se jouent dans les couloirs de la diplomatie, propose une réflexion puissante sur la double identité, les rôles que l’on se joue à soi-même et aux autres pour se sentir en vie.

Sex Education, saison 2 (Netflix)

Entre les comédies eighties de John Hughes et 13 Reasons Why, Sex Education a déboulé sur nos écrans avec une fraîcheur parfois naïve mais salvatrice, s’intéressant au parcours d’Otis, un ado puceau qui s’improvise thérapeute sexuel dans son lycée. Provocatrice sans être trop transgressive, cette série dopée aux hormones a le mérite de subvertir les clichés en proposant des personnages toujours surprenants et d’explorer d’autres pistes que celle de la sexualité masculine hétéro, en donnant aux personnages LGBTQ+ (et aussi aux non-blancs) une vraie place dans le récit. Dans cette deuxième saison, Otis devra faire face à une épidémie de chlamydia dévastant son lycée, de quoi donner du travail à son commerce de thérapie sexuelle.

The Eddy, saison 1 (Netflix)

2020 sera l’année des irréductibles de La La Land. Après avoir quitté la terre ferme pour suivre Ryan Gosling en orbite dans First Man, Damien Chazelle retourne à son genre de prédilection : la comédie musicale. The Eddy racontera l’histoire, en plein Paris multiculturel, d’un club de jazz et des personnages haut en couleur qui gravitent dans cet univers effervescent. Un show audacieux tourné en anglais, en français et en arabe, pour lequel le cinéaste s’est entouré d’Houda Benyamina (Divines) et d’Alan Poul (Six Feet Under), rien que ça. Côté casting, on retrouvera Tahar Rahim, Leïla Bekhti, Andre Holland (High Flying Bird de Steven Soderbergh) et Joanna Kulig (Cold War).

The Eddy, Damien Chazelle, Copyright Netflix

The Undoing (HBO)

Inspirée du best-seller You Should Have Known de Jean Hanff Korelitz (2014), cette série en 6 épisodes retracera la vie romanesque de Grace Sachs (Nicole Kidman), une célèbre thérapeute dont la vie en apparence idyllique bascule le jour où son mari (Hugh Grant) disparaît, laissant derrière lui de lourds secrets. Une fois les apparences tombées et le mirage de la perfection brisé, elle va devoir faire face à un chaos généralisé. Un scénario qui évoque Big Little Lies, et pour cause : à l’écriture, on retrouve David E. Kelley, déjà à l’origine de la série réalisée par Jean-Marc Vallée, tandis que la Danoise Susanne Bier sera chargée de la réalisation. Le vernis mondain et les illusions sociales fissurées par un événement tragique: le projet a tout pour qu’on le surveille de près.

Rebecca (Netflix)

Difficile (voire impossible, à moins d’être maso) de passer après Alfred Hitchcock. Mais Netflix s’est lancé le défi, en livrant une nouvelle adaptation du célèbre roman gothique Rebecca de Daphné du Maurier, que le maître du suspense avait porté à l’écran en 1940 avec Joan Fontaine, Laurence Olivier et Judith Anderson. Petite révision de nos classiques: l’histoire est celle d’un riche veuf, remarié avec jeune femme qu’il connaît à peine. Installée dans leur domaine anglais un peu glauque, celle-ci rencontre Mrs. Danver, une domestique follement admirative de Rebecca, la précédente épouse de son mari… Le projet pique la curiosité, surtout qu’Hitchcock et série ont parfois fait bon ménage (citons Bates Motel, intéressant préquel à Psychose).

Perry Mason (OCS)

Après The Americans, superbe fresque sur la Guerre Froide dans laquelle il interprétait un officier du KGB, Matthew Rhys interprétera le célèbre avocat de la défense Perry Mason, ancien détective privé hanté par ses expériences de guerre et son mariage raté. Dans le Los Angeles en plein essor des années 1930, il tentera de résoudre une affaire d’enlèvement révélant la facette sombre de cette ville reluisante… La série est écrite par Rolin Jones (Boardwalk Empire) et Ron Fitzgerald (Westworld), donc on a de quoi y croire.

Fargo, saison 4 (FX)

Après le Minessota et le Dakota du Sud, décors à la fois glauques et pittoresques de ses trois premières saisons, la série d’anthologie Fargo reviendra pour un nouvel opus situé à Kansas City dans le Missouri. Au programme, toujours plus d’humour noir, de meurtres grinçants, d’enquêtes absurdes qui permettent de cartographier, l’air de rien, l’Amérique des petites bourgades. Cette fois-ci, les créateurs situent leur intrigue dans les années 1950, alors que le racisme sévit suite aux vagues d’immigrations afro-américaines et italiennes, pour suivre deux syndicats du crime.

Big Mouth, saison 4 (Netflix)

Avec un ton trash et décomplexé, la série d’animation Big Mouth s’attaque aux tourments de la puberté. Lancée en 2017 sur Netflix, ce programme démontre avec ingéniosité que les changements hormonaux peuvent aussi être une source de rire – on y croise des hormones monsters, créatures allégoriques qui conseillent les ados dans la transformation de leur corps, un sorcier de la honte, personnage culpabilisateur qui connaît les désirs inavouables des héros. Masturbation, slut-shaming, discrimination homophobe : la saison 4 de Big Mouth promet de continuer à explorer les tabous avec mordant.

Images: Dix pour cent (c) Christophe BRACHET / FTV, Le Bureau des légendes (c) Canal +, Sex Education (c) Sam Taylor/Netflix

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