« Une année italienne » de Laura Samani : un teen-movie qui ausculte la masculinité toxique

Adapté du bref roman de Giani Stuparich paru en 1929, ce teen movie brouille les pistes. Faussement angélique, il se focalise sur un personnage en lutte contre le patriarcat.


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Laura Samani a un don pour faire exister les héroïnes obstinées. Agata (Celeste Cescutti), la mère endeuillée de son premier long Piccolo corpo, bravait l’hostilité des montagnes pour baptiser son bébé mort-né. Dans Une année italienne, Frederika, lycéenne suédoise débarquée au lycée technique de Trieste (Stella Wendick), affronte une adversité tout aussi redoutable : le regard des garçons. Seule fille de sa classe, elle se frotte à l’hostilité de ses camarades, avant de former un groupe inséparable avec le trio Antero, Pasini et Mitis, tous plus ou moins enamourés d’elle. Que faire de nos souvenirs de jeunesse, des élans perdus ?

La question affleure partout dans cette chronique vivace, qui court après la grâce des premières fois, sans chercher à la ressusciter avec une nostalgie facile. Sous ses airs juvéniles, son grain vintage et ses ellipses enlevées, le film repousse, en même temps qu’il l’annonce, la fin d’une saison sentimentale. Car l’année insouciante de Frederika se solde par un amer retour à la réalité. Il faudra qu’elle paye le prix pour sa liberté, son insolence. Dans un dernier segment cruel, le film dévie ainsi de sa trajectoire naïve pour prendre un virage social. La masculinité toxique et le slut-shaming, comme autant de résidus du patriarcat, sonneront le glas de cette merveilleuse année italienne.

Une année italienne de Laura SamaniArizona (1 h 42)sortie le 10 juin.