
Réalisatrice de films d’inspiration naturaliste comme En avoir (ou pas) ou Love Me, Lætitia Masson change de registre avec Ulysse. Cette épopée mélodramatique raconte, sur dix-huit ans, le combat d’Alice (prodigieuse Élodie Bouchez), chercheuse en sociologie et mère d’un garçon nommé Ulysse, atteint d’un syndrome génétique perturbant son développement physique et cognitif. Si Ulysse semble destiné à vivre en marge de la scolarité traditionnelle, sa mère fera tout (à grand renfort de consultations médicales, de cours d’orthophonie ou d’inscriptions dans des établissements divers et variés) pour que son fils s’intègre à une société française peu encline à offrir une place aux enfants en situation de handicap.
La cinéaste cultive une approche lyrique et romanesque en narrant ce lot d’épreuves à la manière d’un récit d’aventures où chaque nouvelle rencontre ouvre un océan de possibles. Grâce à une mise en scène qui privilégie l’émotion (comme lorsque la cinéaste illustre l’absence du père, parti en Amérique, avec des plans mélancoliques où ce musicien joue au piano), Lætitia Masson transcende par la fiction une histoire qui est la sienne – son propre fils, Alphonse Roberts, joue d’ailleurs Ulysse adolescent. Au fil du temps, cette mère dévouée pense aussi de plus en plus à son propre épanouissement, faisant alors d’Ulysse le magnifique portrait d’une double libération.
Ulysse de Laetitia Masson, ARP Sélection (1 h 37), en salle le 17 juin.
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