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Comment les maisons de « Parasite » ont-elles été créées ?

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Bong Joon-ho et son chef décorateur ont livré à Indiewire leurs petits secrets sur la confection des maisons de Parasite.

Avec Parasite, Bong Joon-ho a mis tout le monde d’accord allant même jusqu’à glaner une Palme d’or lors du dernier Festival de Cannes. De façon très moderne, le cinéaste sud-coréen avait su mettre brillamment en scène une thématique qui lui est si chère et qu’il explore depuis ses débuts (la lutte des classes) à travers deux familles que tout oppose (l’une riche et l’autre très modeste) dans un thriller socio-politique aussi drôle qu’angoissant. Une franche réussite que Parasite doit au talent d’écriture et de réalisation de Bong-Joon-ho, à des acteurs au sommet mais aussi à un décor somptueux : une imposante maison bâtie par l’architecte fictif Namgoong Hyeonja et une maison exiguë en sous-sol. Or, ces maisons ont été créées de toute pièce pour créer des environnements à ce récit en huis-clos. À l’occasion de la sortie du film aux États-Unis, le réalisateur et son chef décorateur Lee Ha Jun ont expliqué à Indiewire comment ils les avaient imaginées.

Les deux hommes ont donc raconté être partis de zéro, et que tout avait d’abord commencé dans la tête de Bong Joon-ho dès l’écriture du scénario, le cinéaste ayant anticipé les mouvements des acteurs. Charge ensuite à Lee Ha Jun de concevoir la maison cossue de l’une des familles à partir des croquis du cinéaste. « Je ne suis pas un architecte, et je pense qu’il y a une différence entre la manière dont un architecte envisage un espace et celle d’un décorateur de cinéma. Nous donnons la priorité aux mouvements des acteurs et aux angles de caméra alors que les architectes créent des espaces dans lesquels les gens peuvent réellement vivre », analyse celui qui a aussi travaillé pour Okja.

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La lumière a également été un aspect crucial dans la conception de la maison des Park. Bong Joon-ho affirme s’est inspiré du film Entre le ciel et l’enfer d’Akira Kurosawa où les questions de positions sociales sont toutes aussi prégnantes : « Plus vous êtes pauvres, moins vous avez accès à la lumière du soleil, et c’est exactement ce qui se passe dans la vie réelle : vous avez un accès limité aux fenêtres. Par exemple, dans Snowpiercer [un autre de ses films, ndlr], les voitures de queue de train n’avaient pas de fenêtre. » C’est pourquoi la maison bourgeoise dispose de grandes baies vitrées.

Mais pour apprécier pleinement cette maison des hauteurs, il faut la comparer à celle où vit la famille plus modeste dans le quartier de Ki-taek, dans la partie basse de la ville qui est régulièrement inondée. « La maison de M. Park est minimale, épurée, grande et ordonnée. C’est une grande maison avec un grand jardin composé de couleurs et de matériaux contrôlés, contrastant avec le quartier en demi sous-sol, a expliqué Lee Ha Jun. Contrairement à la riche maison, le quartier de Ki-taek  est plus coloré […]. Les textures sont rugueuses et l’espace est plus dense. » Et le tout renforce donc l’effet souhaité par le réalisateur : montrer les différences sociales par les lieux d’habitation des familles. Et il faut dire que le défi est relevé haut la main tant le duo a su créer un décor incroyable, devenu un personnage à part entière.

Image : Parasite de Bon Joon-ho – Copyright The Jokers / Les Bookmakers

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