« C’est quoi l’amour ? » : Fabien Gorgeart réussit une comédie de (re)mariage savoureuse

De Rouen au Vatican, Laure Calamy et Vincent Macaigne embarquent dans une aventure saugrenue : une procédure de nullité de mariage catholique. Une comédie de mœurs qui transforme le droit canon en terrain de jeu sentimental.


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Quelle preuve d’amour plus absurde et magnifique que de jurer devant Dieu et ses juges qu’on ne s’est jamais aimé, pour offrir à l’autre la liberté de s’unir à nouveau ? C’est le paradoxe savoureux qui anime le troisième film de Fabien Gorgeart. Marguerite (Laure Calamy) tente d’aider son ex-mari, Frédéric (Vincent Macaigne), qui a besoin d’un miracle administratif : faire annuler leur mariage devant les juges ecclésiastiques pour qu’il puisse épouser la très religieuse Chloé (Mélanie Thierry). Ce pèlerinage de Rouen au Vatican oblige l’ancien couple à disséquer ses souvenirs face à des juges – mention spéciale à Jean-Marc Barr en prêtre – dont les questions intrusives confinent au pur comique.

Les liens se resserrent au moment où ils tentent officiellement de se défaire, et la procédure provoque des ricochets sur l’enfant née de leur union. Loin d’une parenthèse hors du monde, le voyage donne l’occasion de souder la famille recomposée (Lyes Salem campe le nouveau compagnon de Marguerite ; et les tonitruantes Céleste Brunnquell et Saül Benchetrit, les enfants, dont les premiers émois font écho aux reconstructions des adultes). Le film ne répond pas à la question du titre par une thèse, mais par une succession de décalages, de moments de douceur et de gêne, où l’amour circule sans se laisser fixer.

C’est quoi l’amour ? de Fabien Gorgeart, Memento/Zinc. (1 h 48), en salle le 6 mai.