
Meilleur film
Un simple accident de Jafar Panahi
Les raisons politiques et esthétiques ne manquent pas pour couronner ce film brillant, tourné clandestinement en Iran, monté au cordeau, puis post produit en France avant de filer vers les Oscars (où il représente la France dans la catégorie Meilleur film étranger). Le dernier plan (dont on ne dira rien), tout en hors champ sonore, est un coup de génie.
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Meilleure réalisation
Hafsia Herzi pour La Petite dernière
On a adoré Hafsia Herzi actrice, son opacité, sa fièvre. On l’aime autant derrière la caméra : son regard transi d’amour pour ses personnages, sa façon viscérale, jamais théorique, d’appréhender leurs états d’âme. Donnez-lui le César, elle le mettra à côté de celui de la Meilleure actrice, remporté en 2025 pour Borgo de Stéphane Demoustier.
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Meilleure actrice
Léa Drucker pour Dossier 137
Elle l’a déjà eu pour Jusqu’à la garde en 2019. So what ? Pour nous, Léa Drucker mériterait ce doublé. Dans le film-dossier de Dominik Moll, tout repose sur son visage implacable, où se dessine peu à peu l’ombre d’un doute. On mise tout sur son jeu minimaliste, face à des concurrentes davantage dans l’acting exubérant (Isabelle Huppert, Mélanie Thierry, cœur sur vous).
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Meilleur acteur
Laurent Lafitte pour La Femme la plus riche du monde
On rêve qu’il vienne chercher son César déguisé en simili François-Marie Banier, le photographe condamné en 2016 pour abus de faiblesse sur Liliane Bettencourt, dont son personnage est inspiré dans la comédie de Thierry Klifa. Camp, kitsch, vulgaire, salaud mais irrésistible : on adore détester Laurent Lafitte.
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Meilleure actrice dans un second rôle
Ji-Min Park dans La Petite dernière
Dans Retour à Séoul de Davy Chou, on ne voyait qu’elle : sa rage, sa déroute, dans un Séoul où elle cherchait ses origines. Dans La Petite Dernière, elle joue un premier grand amour, avec tout ce qu’il porte de dévastateur et d’exaltant. Ses larmes ont été les nôtres, et ça, ça vaut tout l’or d’un César.
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Meilleur acteur dans un second rôle
Swann Arlaud dans L’Inconnu de la Grande Arche
Confession nocturne : toute la rédac craque pour les cheveux gris-sel de Swann Arlaud. Bien-sûr, c’est pour une raison toute professionnelle qu’on lui souhaite de glaner ce César. Dans la peau de l’architecte Paul Andreux (spécialiste des terminaux d’aéroport, ça ne s’invente pas), il volerait presque la vedette à Michel Fau (brillante incarnation de François Mitterrand dans le film, également nommé pour son rôle).
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Meilleure révélation féminine
Nadia Melliti dans La Petite Dernière, ex aequo avec Anja Verderosa dans L’Epreuve du feu
La première est une jeune musulmane lesbienne à la conquête de son désir dans La Petite Dernière, la seconde une esthéticienne au grand cœur, amoureuse d’un garçon bourgeois dans L’Épreuve du feu. Notre cœur n’a pas pu trancher entre ces deux Boss Lady. Sans doute parce qu’elles brandissent toutes les deux, face à la morosité et à la cruauté du monde, un humour et une sensibilité redoutables.
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Meilleure révélation masculine
Sayyid El Alami dans La Pampa, ex aequo avec Félix Lefebvre dans L’Epreuve du feu
Le premier est mécano sur un terrain de moto-cross, le second un ex-ado complexé, qui se muscle pour guérir du regard des autres. On les a choisis parce que leurs personnages sont habités par un je-ne-sais-quoi incandescent, une grande tristesse mêlée d’une urgence à vivre. Plus qu’un César, c’est un film commun les réunissant qu’on espère voir un jour.
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Meilleur film étranger
L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho
On cherche encore l’agent secret du titre, et pour cause, il n’y en a pas. Film de fausses-pistes, de digressions merveilleuses, L’Agent secret est un objet inclassable, ludique, qui regarde les années de dictature brésilienne de biais. On a adoré s’y perdre comme dans un cauchemar éveillé – en compagnie de Wagner Moura, of course.
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