Cannes 2026 : Pourquoi on attend avec impatience « Coward » de Lukas Dhont 

Le cinéaste belge (« Girl », « Close ») s’immisce pour la première fois dans un genre très éloigné de son univers délicat : le film de guerre. De quoi attiser notre curiosité pour ce récit ambitieux, sérieux prétendant à la Palme d’or.


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"Coward" (c) Diaphana Distribution

À 34 ans, Lukas Dhont est détenteur d’un record. Il est le seul cinéaste flamand à avoir vu ses trois films sélectionnés à Cannes. En 2018, Girl, son premier long, présenté à Un Certain Regard, repartait avec la Caméra d’or. De retour en compétition officielle avec Close en 2022, il remporte le Grand Prix ex-aequo. De quoi présager le meilleur pour Coward, qui prétend cette année à la Palme d’or.

Un film avec lequel Lukas Dhont semble sortir de sa zone de confort. Le cinéaste nous a habitués à des récits intimistes, réduits à l’essentiel. Girl racontait l’histoire déchirante d’une jeune fille trans rêvant de devenir danseuse étoile. Mélo baigné de lumière, Close examinait l’amitié éblouissante de deux ados, fragilisée par les normes sociales.

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Coward sera un pur film de guerre, d’après son pitch officiel : « Pendant la Première Guerre mondiale, le jeune soldat belge Pierre veut faire ses preuves au front. Derrière les lignes, il rencontre Francis, qui a pour mission de trouver un moyen de remonter le moral des troupes. Il découvre l’amour et l’art dans les spectacles de tranchées tout en remettant en question les notions d’héroïsme et de lâcheté. »

Doit-on s’attendre pour autant à un film classique, corseté par les codes du genre ? Pa sûr, connaissant la capacité de Lukas Dhont à transformer tout récit en sommet d’intensité. Dans une interview publiée dans notre magazine en avril 2024, Lukas Dhont, alors nommé président de la Queer Palm, appelait à créer de nouveaux récits, dans un sens large : « Pour moi, le cinéma queer ne concerne pas seulement la sexualité ou le genre, c’est beaucoup plus large. Il s’agit aussi de trouver de nouvelles formes, de sortir des carcans narratifs pour briser les stéréotypes. »

Comme souvent chez Lukas Dhont, l’émotion risque d’affleurer grâce à des visages émergents. Le réalisateur a choisi un casting entièrement inconnu — Emmanuel Macchia et Valentin Campagne — pour incarner ses personnages. De quoi faire souffler un vent de nouveauté et d’émotions sur la compétition cannoise.

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