Cannes 2026 : les films que la rédac espère voir au festival (partie 3)

Christopher Nolan, Nicolas Winding Refn, Mia Hansen-Løve, Naomi Kawase… Suite et fin de nos pronostics pour l’édition cannoise 2026, qui se tiendra du 12 au 23 mai.


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"Full Phil" (c) CHI-FOU-MI PRODUCTIONS

Retrouvez les autres parties du dossier ici,  et en fin d’article.

Bucking Fastard de Werner Herzog 

On décerne déjà la Palme du meilleur titre et du meilleur premier visuel au cinéaste allemand (Prix de la mise en scène en 1982 pour Fitzcarraldo), qui a casté les sœurs Rooney et Kate Mara pour ce film qui s’inspire de l’histoire vraie de deux sœurs jumelles (Joan et Jean) vivant en marge de la société et explorant une mystérieuse chaîne de montagnes. Orlando Bloom est également au casting.

Flowervale Street de David Robert Mitchell

Après les troublants It Follows (2015) et Under the Silver Lake (2018), le réalisateur américain revient avec ce mystérieux film de SF qu’on espère aussi perché qu’il en a l’air. n Selon certaines rumeurs, on devrait y croiser des dinosaures mais aussi suivre la famille Platt (Anne Hathaway, Ewan McGregor, Maisy Stella et Christian Convery) qui, dans les années 1980, découvre que des choses inhabituelles se déroulent dans son voisinage. Bien intrigant. 

L’Odyssée de Christopher Nolan 

Après Oppenheimer, multi récompensé aux Oscars en 2024, Nolan s’attaque au livre qui a hanté nos cours de français au collège : L’Odyssée d’Homère. Avec un casting de grande envergure (Matt Damon, Tom Holland, Zendaya, Eliott Page, Lupita Nyong’o, Robert Pattinson…), on espère que le cinéaste, très cérébral, se réappropriera avec modernité cette épopée grecque mythique qui suit Ulysse, héros de la guerre de Troie, qui cherche à retourner chez lui après sa grande victoire. 

Toxic de Jessica Hausner

Sur ses six longs-métrages, quatre ont été présentés à Cannes, dont les deux derniers Little Joe (Prix d’interprétation féminine pour Emily Beecham en 2019) et Club Zéro (2023), en sélection officielle. On imagine bien la réalisatrice autrichienne revenir sur la Croisette avec Toxic, un récit qu’on devine sombre et acide sur le monde du travail et la société capitaliste.

Her Private Hell de Nicolas Winding Refn

Il avait troqué le grand écran pour le petit depuis quelques années, réalisant en 2023 la très sombre série Copenhagen Cowboy. Mais cette année, le Danois, récompensé du Prix de la mise en scène à Cannes pour Drive en 2011, fait son retour au cinéma avec Her Private Hell, au pitch encore confidentiel mais porté par deux des stars montantes d’Hollywood : Charles Melton (May December) et Sophie Thatcher (Yellowjackets, Companion).

Out Of This World d’Albert Serra

Après Tardes de soledad, œuvre immersive sur la corrida, le cinéaste catalan passé en sélection officielle avec Pacifiction pourrait faire son retour avec Out of This World, son premier long-métrage en langue anglaise porté par Riley Keough. Un drame qui s’annonce aussi intense que politique et qui devrait explorer les méandres des relations entre la Russie et les États-Unis, sur fond de guerre en Ukraine.

Mimesis de Kaouther Ben Hania

Elle avait décroché l’Œil d’or à Cannes 2025 pour son brillant Les Filles d’Olfa, et son nouveau long métrage, dont le tournage s’est déroulé entre la Lozère, Montpellier et la Tunisie, à l’automne dernier d’après Cineuropa, s’annonce tout aussi intense. Plongeant au cœur de la Tunisie des années 1990, cette œuvre intime qui questionne les notions de culte, de croyance et de tradition, suit le combat d’une jeune cinéaste pour protéger le mausolée familial de la destruction. 

Wake of Umbra de Carlos Reygadas 

Prix de la mise en scène en 2012 pour Post Tenebras Lux, le cinéaste mexicain pourrait faire son grand retour avec Estela de sombra, l’histoire de quatre amis traversant le temps et l’espace, se rencontrant dans diverses incarnations et environnements. Tourné entre le Mexique, la Pologne, le Portugal et la Scandinavie, le film s’annonce comme une épopée contemplative portée par des acteurs non professionnels. 

Falcon de Marco Bellocchio 

Malgré plusieurs œuvres sidérantes présentées en Compétition (dont L’Enlèvement en 2023), le réalisateur italien n’a eu droit qu’à une Palme d’or d’honneur en 2021. Il pourrait rectifier le tir avec ce biopic consacré à Sergio Marchionne, charismatique dirigeant de l’industrie automobile qui a sauvé Fiat et Chrysler de la faillite. 

1949 de Pawel Pawlikowksi

Prix de la mise en scène en 2018 pour son magnifique Cold War, le réalisateur allemand a dirigé Hanns Zischler et Sandra Hüller dans un film qui raconte le périple du romancier Thomas Mann et de sa fille journaliste. Leur voyage à travers l’Allemagne, à l’aube de la Guerre froide, est l’occasion d’une réflexion morale sur la culpabilité. 

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« Full Phil » (c) CHI-FOU-MI PRODUCTIONS

Full Phil de Quentin Dupieux

Pour la première fois, le roi de l’absurde fait appel à un casting international : Kristen Stewart, Woody Harrelson, Eric Wareheim, Tim Heidecker, Charlotte Le Bon, Emma Mackey et Nassim Lyes. Le pitch : un riche industriel américain tente de renouer avec sa fille Madeleine. Malheureusement, la cuisine française, un film d’horreur des années 1950 et un employé d’hôtel envahissant perturbent le bon déroulement de son séjour… Rappelons que le cinéaste est venu deux fois à Cannes, hors compétition, pour Le Deuxième acte et Fumer fait tousser

Minotaure de Andrei Zviaguintsev

Prix du scénario en 2014 pour le puissant Léviathan, et prix du jury en 2017 pour Faute d’amour, le cinéaste russe, installé en France depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, pourrait être de retour avec ce thriller intimiste. On y suivra la trajectoire d’un directeur d’entreprise, sur le point de licencier ses employés, découvre que sa femme entretient une liaison.

Impunité de Felipe Gálvez Haberle

Après Les Colons, qui retraçait un génocide oublié, le Chilien Felipe Gálvez Haberle pourrait être de retour avec ce thriller politique situé dans les années 1990. On y suivra un ancien espion, engagé pour empêcher l’évasion du dictateur Pinochet après sa capture à Londres. Un film à la charge politique qu’on devine explosive. 

Les Silences de Riyad de Haifaa Al Mansour

Après avoir filmé la lutte d’une jeune fille en Arabie saoudite pour s’acheter un vélo dans Wadjda (2012), puis être revenue sur la genèse du roman Frankenstein dans Mary Shelley (2018), la cinéaste saoudienne pourrait faire ses premiers pas en sélection à Cannes avec ce nouveau projet, au pitch glaçant : après la mort de sa fille, une mère décide de mener l’enquête, tandis que celle des autorités officielles n’avance pas.

L’Illusion de Yakushima de Naomi Kawase

La cinéaste japonaise multi-primée à Cannes (Caméra d’or en 1997 pour Suzaku, Grand Prix du Jury en 2007 pour La Forêt de Mogari), adepte des récits poétiques, s’allie à Vicky Krieps (Love Me Tender), actrice au jeu tout en sensibilité. Leur rencontre dans ce drame où une infirmière française se rend au Japon pour travailler au service des greffes, promet des étincelles (et peut-être quelques larmes). 

If Love Should Die de Mia Hansen-Løve

Présente sur la Croisette pour son dernier long métrage Un beau matin, diffusé à la Quinzaine des cinéastes en 2022, la Française s’essaie ici pour la première fois au drame historique, avec cette plongée au cœur de l’Angleterre du XVIIIᵉ siècle, à la veille de la Révolution française, pour raconter l’histoire méconnue de la philosophe féministe Mary Wollstonecraft.

Butterfly Jam de Kantemir Balagov

Sélectionné deux fois à Un certain regard avec ses premiers films remarqués Tesnota – Une vie à l’étroit (2017) et Une Grande Fille (2019), le réalisateur russe entrera-t-il enfin en Compétition ? Il revient avec un coming-of-age situé dans la communauté kabarde de Newark (États-Unis) : un jeune homme rêvant de devenir lutteur pro se heurte à l’autorité de son père. Au casting : Barry Keoghan, Harry Melling, Riley Keough et Monica Bellucci.

Moulin de László Nemes

À peine son dernier film, Orphelin, sorti en salles, le réalisateur du très marquant Le Fils de Saul (2015) revient sonder les ombres du passé dans un film sur Jean Moulin. Le film reviendra sur le moment où cette figure de la Résistance est trahie puis livrée à la Gestapo à Lyon… Gilles Lellouche, qui l’incarne, aura la tâche de faire vivre l’héritage de cet homme illustre – on lui fait toute confiance.

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« Gisèle – Au nom de toutes » de Lauriane Escaffre et Yvo Muller (c) Marie-Camille Orlando

Gisèle – Au nom de toutes de Lauriane Escaffre et Yvo Muller

Charlotte Gainsbourg incarnera l’avocate et militante lors de l’emblématique procès de Bobigny en 1972, où elle fit avancer la cause féministe en défendant Marie-Claire Chevalier, 16 ans, accusée d’avoir avorté illégalement. Revenant sur la portée de cette décision (demander à la jeune fille de ne pas plaider coupable), le film tissera sûrement des ponts avec nos sociétés contemporaines, où le droit à l’avortement semble toujours plus menacé.  

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« L’Âge d’or » de Bérenger Thouin (c) Pyramide

L’Âge d’or de Bérenger Thouin

Après plusieurs courts métrages remarqués – Guillaume le désespéré, La Course, ou Le Zoo de Monsieur Vanel, le cinéaste signera un film d’aventures mené par Souheila Yacoub (dont c’est décidément l’année puisqu’elle sera aussi la tête l’affiche du nouveau Evil Dead, réalisé par Sébastien Vaniček). Avec également Vassili Schneider, ce projet s’annonce ambitieux : on y suivra la vie épique d’une jeune femme, sur plusieurs époques, du début du XXe siècle à la Seconde Guerre mondiale.