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20 films sud-coréens à (re)voir après « Parasite » de Bong Joon-ho

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Une Palme d’or et 4 Oscars après sa sortie, Parasite n’en finira probablement jamais de faire parler de lui. Personne ne vous en voudra d’être un peu lassé(e) par ce tapage (mérité) – mais profitons-en plutôt pour célébrer le cinéma sud-coréen avec un top dressé par Collider, qui rappelle à quel point cette industrie, émancipée des canons esthétiques hollywoodiens, nourrie d’une histoire politique mouvementée (la transition douloureuse du régime autoritaire de Park Chung-hee à la démocratie au début des années 1980), s’est habilement construite entre blockbuster et ciné d’auteur pour naviguer entre les genres, du thriller méta aux fables sociales en passant par le film d’horreur allégorique.

Deux soeurs de Kim Jee-woon (2003)
Burning de Lee Chang-Dong (2018)
The Chaser de Na Hong-jin  (2008)
Chilsu and Mansu de Park Kwang-su (1988)
Extreme Job de Lee Byeong-heon (2019)
Mademoiselle de Park Chan-Wook (2016)
The Host de Bong Joon Ho (2006)
House of Hummingbird de Bora Kim (2018)
The Housemaid de Kim Ki-young (2010)
J’ai rencontré le Diable de Kim Jee-woon (2010)
Memories of Murder de Bong Joon Ho (2003)
My Sassy Girl de Kwak Jae-yong (2001)
No Regret de Leesong Hee-il (2006)
Obaltan de Yu Hyun-mok (1960)
The Outlaws de Kang Yoon-sung (2017)
Poetry de Lee Chang-dong (2010)
Save the Green Planet! de Jang Joon-hwan (2003)
Dernier train pour Busan de Sang-Ho Yeon (2016)
La Trilogie de la Vengeance de Park Chan-wook
Whispering Corridors de Park Ki-hyung, Kim Tae-yong, Min Kyu-dong, Yun Jae-yeon, Choi Ik-hwan, Jong-yong Lee (1998)

L’intégralité de la liste des films dressée par Collider est à consulter juste ici.

Et parce que c’est trop tentant, on en profite pour faire notre petite sélection personnelle 

Burning de Lee Chang-Dong (2018)

Livreur introverti, Jongsu s’éprend d’Hae-Mi, une amie d’enfance qui s’évanouit dans la nature. Parti à sa recherche, il soupçonne très vite son rival Ben, un jeune homme riche et narcissique…A travers ce trio amoureux troublant et pervers, Lee Chang-Dong décrit non seulement le feu intérieur qui consume les êtres jusqu’à frôler la paranoïa et la folie (une idée qui se traduit esthétiquement par de magnifiques saillies oniriques, presque abstraites), mais utilise aussi un suspens hitchcockien pour déployer cette terrible allégorie: la Corée du Sud est un corps social malade, pourri de l’intérieur par ses inégalités politiques.

À LIRE AUSSI >> Notre critique de Burning

Mademoiselle de Park Chan-Wook (2016)

Dans ce jeu de manipulation érotique situé dans la Corée colonisée des années 1930 (avant sa division en deux territoires) – où une jeune femme, engagée comme domestique au service d’une riche japonaise isolée dans son manoir découvre qu’elle est le pion d’un comte avide pouvoir – le maître du gore (souvenons-nous de l’hémoglobine jaillissant dans Stoker) atteint un sens de la mise en scène aussi violent que virtuose. Chaque position de corps est brillamment chorégraphiée, exprimant tour à tour l’extase puis la servitude. Chaque détail du décor (des portes infinies, des couloirs dissimulateurs) semble porter le poids des non-dits. Une prison architecturale et symbolique de laquelle Park Chan-Wook libère ses héroïnes grâce à une esthétique érotique, où la jouissance est une force contestataire.

À LIRE AUSSI >> Lire notre entretien avec Park Chan-Wook pour le film 

Dernier train pour Busan de Sang-Ho Yeon (2016)

Oubliez (un temps) George A. Romero : le meilleur film de zombies de la décennie est signé Sang-Ho Yeon. Efficace, sans surplus, ce récit-catastrophe s’appuie sur une mécanique narrative implacable (un huis clos dans un train, dont les passagers tentent d’échapper à une épidémie virale), pour proposer une réflexion sur les catastrophes écologiques accélérées par la bêtise humaine. Un film d’action divertissant et intelligent dont la réussite tient à ses divers degrés de lecture et à sa mise en scène chirurgicale, attentive aux moindres détails terrorisants (un corps démembré au second plan, un bruit envahissant mais invisible).

The Chaser de Na Hong-jin (2008)

L’hybridité des registres, le mélange des tons : le cinéma sud-coréen se caractérise aussi par l’exploration de l’impureté, une étrange porosité entre tragique et comique, farce et drame. Ce premier thriller poisseux, traque entre un ex-flic devenu proxénète et un serial-killer dans les rues de Séoul, en est sans doute le meilleur exemple. Débutant de façon classique (un affrontement manichéen entre bien et mal), The Chaser tourne au revenge movie presque grossier, pour brosser le portrait satirique d’un pays à l’administration archaïque et corrompue, le tout baigné dans une esthétique à la fois noire et jouissive.

The Host de Bong Joon Ho (2006)

Film d’épouvante maniant le hors-champ pour convoquer en creux la terreur du spectateur, portrait de famille grandiose où se dessine à l’échelle individuelle les peurs enfouies d’un pays : The Host a souvent été comparé à La Guerre des mondes de Steven Spielberg, notamment en raison de leur sous-texte politique commun (un corps extra-terrestre faisant remonter à la surface les traumatismes historiques d’un pays). Mais c’est le film de Bong Joon Ho qui l’emporte dans notre cœur – on pense à ses inoubliables travellings et plans-séquences interminables sur le fleuve Han, lieu catalysant le chaos environnant. Léa André-Sarreau

 

 

Images: Copyright Capelight Pictures/The Jokers / Bac Films

 

 

 

 

 

 

 

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