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Riopy : « Le cinéma tient, à travers les images, une fonction d’apprentissage, d’aide »

  • Léa André-Sarreau
  • 2022-07-19

Pianiste franco-britannique virtuose, Riopy a donné des concerts dans les plus prestigieux endroits du monde, du Château Marmont à la Salle Pleyel. Dimanche soir, c’est dans la Cour carrée du Musée du Louvre qu’on l’a retrouvé, pour lui soumettre notre questionnaire cinéphile, juste avant sa session live au festival Cinéma Paradiso Louvre. 

Pouvez-vous vous décrire à travers des personnages de cinéma?

Riopy : Le grand-père dans Gran Torino (2008), de et avec Clint Eastwood. Parce qu’un peu de justice dans ce monde inique ! Ce que j’aime, c’est que tout le monde prend ce personnage pour le méchant, alors qu’il est droit, a des valeurs, et qu’il est prêt à se sacrifier pour les autres. Pour moi, il incarne l’héroïsme pur, comme on l’imagine. Ce film m’avait profondément touché.

Il y a aussi la petite fille dans Little Miss Sunshine, de Jonathan Dayton et Valerie Faris (2006), parce qu’elle vit totalement dans son monde, ses actes n’ont aucune répercussion. Son show final m’a toujours inspiré [à la fin de ce feel-good movie, le personnage d’Olive, joué par Abigail Breslin, livre une performance loufoque sur la scène d’un concours de beauté, ndlr].

Riopy lors de son set au Festival Cinema Paradiso Louvre dans la Cour carrée du Louvre le 17 juillet 2022 (Photo de Cédric Canezza)

Trois bandes-originales envoûtantes?

Celle de Clint Mansell pour Requiem for a Dream de Darren Aronofsky (2000), une BO très profonde. Pour moi, la fonction du cinéma est de pénétrer l’inconscient, de jouer à travers les images une fonction d’apprentissage, d’aide. Il y a un double aspect, à la fois intellectuel et émotionnel, qui doit, quelque part, vous aider dans votre vie intime. Ce film parvient à toucher cet équilibre.

Alexandre Desplat pour The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson (2013), que j’ai trouvé très singulier, original.

En dernier, je choisis la partition du Dernier des Mohicans de Michael Mann (1992) composée par Trevor Johns et Randy Edelman. Plus classique, mais très abordable, mélodieux et magnifique.

Des films aussi apaisants qu’une séance de méditation?

Pour me relaxer, j’ai besoin de quelque chose de très léger. Je vais donc choisir un film très niais, L’Amour de l’or (2008), avec Matthew McConaughey et Kate Hudson. Ça aide à vider son esprit et à se concentrer sur la méditation.

Et puis Sans Sarah, rien ne va de Nicholas Stoller (2008), dont j’adore l’absurdité, le côté décalé.

Riopy lors de son set au Festival Cinema Paradiso Louvre dans la Cour carrée du Louvre le 17 juillet 2022 (Photo de Cédric Canezza)

Trois films qui mettent en scène des pianistes de façon mémorable.

Dans Shine de Scott Hicks (1996) [film inspiré de la vie de David Helfgott, pianiste australien, ndlr], j’ai le souvenir d’une magnifique scène où le personnage joué par Geoffrey Rush perd complètement la tête au piano. C’est une perte de sens à laquelle je peux m’identifier.

Il y a évidemment Le Pianiste de Roman Polanski (2002), dans lequel Wladyslaw Szpilman (Adrien Brody) se sert du piano comme arme pour résister, décide de jouer envers et contre tout.

La Légende du pianiste sur l’océan de Giuseppe Tornatore (1998), fim un peu moins connu qui raconte l’histoire d’un orphelin abandonné sur un paquebot, et qui deviendra un virtuose du piano.

Le point commun entre ces trois films, c’est cette transe que la pratique de la musique procure, l’extase transcendante de l’instrument.

Des biopics musicaux qui vous ont marqué.

Ils sont souvent déprimants [rires] ! Mais je dirais Walk The Line de James Mangold avec Joaquin Phoenix dans la peau torturée de Johnny Cash.

Le documentaire sur Amy Winehouse de Asif Kapadia (2015). C’est quelqu’un qui me saisit par son talent – elle est comme une fleur, qui fane et s’éteint mais reste tout de même en mémoire.

Un film à regarder à 3 heures du matin, une nuit d’insomnie ?

Le Dîner de cons de Francis Veber (1998), parce que c’est tellement drôle, absurde ! À trois heures du mat’, autant rigoler.

Le dernier album de Riopy Bliss est disponible (Warner Classics)

Photo de couverture : Riopy lors de son set au Festival Cinema Paradiso Louvre dans la Cour carrée du Louvre le 17 juillet 2022 (Photo de Cédric Canezza)

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