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FOCUS: Jia Zhang-ke, filmer le délit

  • Corentin Lê
  • 2019-03-06

A l’occasion de la sortie en salles des Eternels, regard en arrière sur deux grands paradigmes qui irriguent la filmographie du réalisateur chinois: l’amour du délit, du banditisme, et l’importance accordée à la mémoire.

La fascination pour les hors-la-loi comme motif récurrent

Les premières minutes de la filmographie de Jia Zhang-ke s’ouvrent sur une suite de petits délits – le héros éponyme de Xiao Wu. Artisan pickpocket entre dans un bus et se présente comme un policier pour ne pas avoir à payer son ticket. Une fois l’attention détournée, ni vu ni connu, le jeune homme en profite pour dérober le portefeuille de son voisin. Cet attrait immédiat pour la délinquance, le cinéaste l’a depuis toujours entretenu, des bandes rivales de Plaisirs inconnus (2003) jusqu’au deuxième segment de A Touch of Sin (2013), inspiré de la cavale de Zhou Kehua, un criminel chinois suspecté d’une dizaine de meurtres et de braquages avant d’être abattu par les forces de l’ordre en 2012. La troupe de gangsters des Éternels vient ainsi enrichir son univers mafieux inspiré des films d’action hongkongais des années 1980-1990. Clin d’œil révélateur de cet amour du banditisme à l’écran, dans une scène de Still Life (2007), on voit passer à la télévision Le Syndicat du crime de John Woo (1986).

—> A lire aussi: Focus sur Jia Zhang-ke: La mémoire dans la peau

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