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Vu à la Berlinale : « Avec amour et acharnement » de Claire Denis

  • Juliette Reitzer
  • 2022-02-12

Claire Denis filme l’amour comme un thriller ou comme un film de vampires, portée par ses deux acteurs incandescents : Vincent Lindon et Juliette Binoche.

Claire Denis a reçu l'Ours d'argent de la meilleure réalisation au Festival de Berlin 2022 pour ce film

Sara et Jean vivent ensemble depuis 10 ans quand François, qui fut jadis en couple avec la première et ami avec le second, réapparait dans leur vie. C’est d’abord Sara qui l’aperçoit au détour d’une rue, alors qu’elle arrive aux studios de RFI où elle est journaliste. En un instant son visage radieux (elle rentre tout juste de vacances idylliques avec Jean) se défait. Arrivée dans l’ascenseur, c’est tout son corps qui s’affaisse contre la porte : « François François François » se met-elle à répéter, les mains crispées sur le ventre - comme possédée. Et c’est bien de possession qu’il s’agit, de possession et d’emprise, le charme de François opérant sur Sara comme un sortilège puissant.

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Il y a quelque chose du film de vampire dans la manière dont Claire Denis, qui a coécrit le scénario avec Christine Angot d’après un roman de cette dernière, filme la subjugation amoureuse - joué par le ténébreux Grégoire Colin, François, qui apparait souvent la nuit, a clairement des airs de Nosferatu. Le lendemain, c’est Jean qui reçoit un coup de fil de l’ancien ami. Il lui annonce son retour (on ne saura pas où il avait disparu) et lui propose de monter avec lui une écurie de jeunes joueurs de rugby – on apprend qu’ils furent déjà associés par le passé, ce qui mena Jean, lui-même ancien rugbyman, tout droit à la case prison. Comme Sara, Jean replonge, et le triangle amoureux se met en place.

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Mais même s’il existe autre chose autour d’eux – le travail de Sara, la relation de Jean avec son fils élevé par sa grand-mère (parfaite Bulle Ogier), et François, qui plane comme une ombre -, la cinéaste s’attache à raconter la façon dont ce couple qui s’aime s’abime – les scènes de sexe sont sublimes, celles de cris et de larmes tout aussi sidérantes. Le cadre peu à peu se resserre jusqu’au très gros plan sur les visages de Vincent Lindon et Juliette Binoche, immenses et fascinants, et on comprend alors que le titre est aussi vrai pour ses héros que pour la manière dont elle les filme.

Images (c) Curiosa Films 2022

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