
Réalisateur de films cultes comme Les Bouchers verts (2003) ou Adam’s Apples (2005), Anders Thomas Jensen retrouve ici son duo de comédiens fétiches et surprend de nouveau en jouant malicieusement sur le vieillissement de son casting et le trouble qui s’en dégage. Dans cette stupéfiante farce noire, un braqueur de banque (Nikolaj Lie Kaas) sort de prison après quinze années de réclusion et souhaite récupérer le butin qu’il a confié à son frère (Mads Mikkelsen) avant son arrestation.
Seul souci : ce dernier se prend désormais pour la réincarnation de John Lennon. Il faudra redoubler d’ingéniosité pour lui faire retrouver la mémoire et venir à bout de traumatismes anciens. Sous la forme d’un conte nordique à la violence souvent sanglante, le cinéaste danois use de dialogues tordants pour éclairer les zones d’ombre de l’enfance. Alors que se constitue une truculente galerie de personnages autour du duo, les séquences jubilatoires s’enchaînent, comme celle où un groupe de musique constitué de patients échappés d’un asile doit rejouer des chansons des Beatles dans un but thérapeutique, mais se montre plutôt intéressé par des tubes d’ABBA. Orchestrant un tourbillon d’émotions contrastées, ce polar déjanté finit par attendrir, en faisant de ces deux frères au bord du gouffre les héros d’une allégorie émancipatrice.
The Last Viking d’Anders Thomas Jensen, sortie le 15 juillet, Motel (1 h 56)
