
C’est depuis Budapest que Charlie Polinger nous téléphone, ville où il tourne son deuxième long métrage, produit cette fois-ci par A24, au casting prestigieux : Léa Seydoux et Mikey Madison, oscarisée pour Anora. Sa voix, d’un calme olympien, trahit surtout sa fatigue. C’est dire que le cinéaste est courtisé depuis le précédent Festival de Cannes, après des années de « galère » pour monter son premier film. « On m’a dit : reste fidèle à ton projet… et prie pour qu’il plaise aussi à quelqu’un de riche », lance-t-il avec flegme.
Son ange gardien, Charlie Polinger l’a finalement trouvé : « Dès qu’il a lu le script, Joel Edgerton m’a proposé de coproduire le film et d’interpréter le rôle du coach. Il m’a présenté aux bonnes personnes, et le financement s’est débloqué. » Pari réussi : l’acteur est discrètement magnétique en prof de water-polo, confronté à un groupe de jeunes garçons qui sont au cœur de l’intrigue.
Dans les vestiaires d’une piscine municipale, chacun teste en effet ses limites et celles des autres avec un plaisir sadique – celui de l’adolescence. Situé en 2003, The Plague s’inspire d’un véritable camp d’été où est allé Polinger cette année-là, qu’il décrit sobrement comme « intense » et dont il associe le malaise aux cruelles rivalités entre garçons.
Fan de Coralie Fargeat, qui a vu son film à Cannes et dont il apprécie les « encouragements », il partage avec elle un goût certain : « On a beaucoup discuté du body horror et des explorations qu’il permet, de sujets aussi profonds que les constructions sociales. » On plussoie : à ce jour, peu de cinéastes ont filmé la construction masculine sur un mode aussi terrifiant.
The Plague de Charlie Polinger, Originals Factory (1 h 35), sortie le 3 juin
