
À première vue, Everytime est une danse à trois temps. Ella et ses deux filles, Jessie et Melli, forment un sympathique trio, qui se chamaille parfois mais s’aime toujours. Bientôt, l’une disparaît et Lux, un jeune adolescent, vient recomposer le groupe, un peu différemment. On ne se chamaille plus mais on s’aime encore, autrement, avec la mélancolie propre à l’absence et au manque. Avec, surtout, l’ombre des reproches et de la culpabilité, à laquelle on tente d’échapper en organisant un voyage à Ténérife. C’est là que le film de l’Autrichienne Sandra Wollner révèle son quatrième personnage, pourtant joliment présent dès le départ : la ville.
Qu’elle soit Berlin ou une cité balnéaire baignée de soleil, la cinéaste la filme comme le témoin tantôt patient, tantôt menaçant, des tourbillons intérieurs de ses personnages rongés de l’intérieur. Si Everytime fait volontiers penser à d’autres vacances tristes de cinéma, celles d’Aftersun – les deux films partagent d’ailleurs le même chef opérateur, le long-métrage trouve son ton singulier en choisissant de ne jamais traiter le deuil par le prisme du mélodrame. Un accident devient la continuité d’un plan-séquence tournoyant, des ellipses délicates suggèrent le travail du temps pour panser les blessures et le chagrin s’intègre à la banalité du quotidien avec une grâce désarmante.
Everytime de Sandra Wollner, New Story (2 h 01).
Retrouvez tous nos articles sur la 79ème édition du Festival de Cannes ici.
