
Réalisateur du Fils de Saul (Grand Prix du Jury à Cannes 2015) ou du récent Orphelin, László Nemes signe pour la première fois un film dont il n’est pas scénariste, puisque ce drame historique qui retrace les dix derniers jours de la vie du résistant français Jean Moulin a été écrit par Olivier Demangel (coscénariste entre autres d’Atlantique de Mati Diop).
L’action est donc située au début de l’été 1943, moment où Moulin (Gilles Lellouche) organise une réunion en urgence à Lyon pour réunifier les réseaux de résistance. Mais il est arrêté par la Gestapo et l’officier nazi Klaus Barbie orchestre une série de manipulations psychologiques et d’interrogatoires barbares pour tenter de faire avouer à Moulin tout ce qu’il sait…
Intéressé depuis Le Fils de Saul par la difficile représentation des crimes les plus atroces de la Seconde Guerre mondiale, László Nemes s’immerge ici dans la lutte pour la survie d’un héros à la vigilance extrême dont la dignité morale s’oppose à un brutal appareil totalitaire.
Épousant d’emblée la tonalité des thrillers d’espionnage, où l’on parle en messages codés et où l’on ne dévoile pas sa vraie identité (pas même à une comtesse, jouée par Louise Bourgoin, que rencontre Moulin), le cinéaste hongrois reste rivé au visage grave de Gilles Lellouche et invite Lars Eidinger à incarner le terrifiant Klaus Barbie, qui passe en un clin d’œil du séducteur faussement amical au monstre sanguinaire.
L’acteur allemand impressionne autant que son antagoniste français, à l’image d’un film qui garde une juste distance historique en laissant parfois la violence hors champ et en illustrant organiquement l’atmosphère macabre d’une époque en même temps que le courage à toute épreuve de Jean Moulin.
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