
La présence insaisissable de l’actrice convoque tout de suite l’imaginaire de Jacques Rivette, tout en jeux de pistes et en errances mystiques, auquel fait malicieusement référence Affection Affection. Avec Rivette, Nathalie Richard a joué dans La Bande des quatre (1985), Jeanne la pucelle : Les prisons (1994) ou Haut bas fragile (1995).
Dans La Bande des quatre, elle jouait une jeune actrice sur laquelle portait déjà une sorte d’enquête. On suivait son personnage entre sa coloc’ d’étudiantes et ses cours d’art dramatique, donnés par Bulle Ogier. Celle-ci disait vouloir apprendre à ses élèves « le doute et la démolition. » Nathalie Richard a-t-elle fait sien cet enseignement ?

La carrière de Nathalie Richard est émaillée de films qui jouent de hasards, de flottements, d’ambiguïtés – mais toujours avec un certain ludisme, un plaisir de la surprise, un petit sourire en coin.
Dans Golden Eighties (1986), la géniale comédie musicale de Chantal Akerman qui prenait joyeusement le parti-pris de l’artifice, elle est l’une des coiffeuses effusives qui gossipent tendrement, en chansons, sur leur patronne, incarnée par Delphine Seyrig.
Le cinéaste Bertrand Mandico, avec lequel Nathalie Richard a tourné plusieurs films (les courts Notre-Dame des hormones ou Ultra Pulpe, ou le long Les Garçons sauvages) nous disait d’ailleurs dans une interview de 2022 voir en elle quelque chose de Delphine Seyrig : « Elle est capable de porter en elle la mémoire des actrices du passé. »

