En couv’ de TROISCOULEURS : Amanda Seyfried, papesse pop

Amanda Seyfried a marqué notre enfance, que ce soit avec « Lolita malgré moi » ou « Mamma Mia ». Depuis, sa carrière prolifère. Dans « Le Testament d’Ann Lee » de Mona Fastvold, elle incarne la réincarnation féminine du Christ avec fougue. Rencontre avec une papesse pop, sans filtre et pleine de simplicité.


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ÉDITO · « On s’habille en rose le mercredi.» Cette phrase iconique (qui nous traverse l’esprit au moins une fois par semaine, le matin devant notre placard), on la doit à Karen Smith, l’attachante et naïve membre des Plastiques, la clique la plus sélective du lycée North Shore de Lolita malgré moi (2005), film chouchou de notre adolescence qui a, depuis, acquis le statut d’œuvre culte. Celle qui l’incarne, c’est Amanda Seyfried. Âgée de 17 ans au moment du tournage, elle tient son tout premier rôle au cinéma, et déjà tout y est : sens du timing comique impeccable, talent de composition (allant même jusqu’à transformer sa voix) et goût pour le ridicule. Depuis, l’actrice américaine a fait du chemin.

Elle fait honneur aux meilleurs tubes d’ABBA dans les deux volets de Mamma mia (2008, puis 2018), est une héroïne romantique dans Les Misérables (2013), puis, plus récemment, une femme au foyer combative dans La Femme de ménage (2025). En deux décennies de carrière, elle a conquis nos écrans avec fougue et précision, s’élevant au rang d’icône du cinéma. Un statut qu’elle met à profit dans Le Testament d’Ann Lee, biopic musical halluciné de Mona Fastvold dans lequel elle donne vie à une leadeuse de culte anglaise du xviiisiècle, réincarnation féminine du Christ selon ses fidèles, qui la suivent jusqu’aux États-Unis. Dans la réalité, si Amanda Seyfried est adorée par un noyau de fans fidèles, elle a opté pour un mode de vie plus terre à terre. Loin des strass et de la pression hollywoodienne, elle habite avec sa famille dans une ferme au nord de New York, où elle a créé un refuge pour animaux, accueillant chèvres, chevaux et canards. En février, quand on la rencontre à Paris, c’est sa simplicité et son côté sans filtre qui marquent. Son accouchement, son amour pour le crochet, ses convictions politiques… Rien n’est tabou pour cette actrice qui, consciente de sa notoriété particulière, préfère l’utiliser pour défendre les causes qui lui sont chères. Une vraie papesse pop, donc. CHLOE BLANCKAERT

TROIS COULEURS NUMERO N°223

AU SOMMAIRE

EN BREF 🏃‍♀️

L’entretien du mois : Matt Dillon

Nouvelles stars : Eya Bouteraa et Róisín Burns

Queer gaze : Hélène Hazera

Le fashion pack : Le diable s’habille en Prada 2 de David Frankel

Règle de 3 : Manon Fleury

CINEMA🎬

En couverture : Amanda Seyfried pour Le Testament d’Ann Lee

Entretien : Swann Arlaud pour Sukkwan Island

Entretien : Carla Simón pour Romería

Entretien : Kristoffer Borgli pour The Drama

CINEMASCOPE 📽️

Love on Trial de Koji Fukada

Une jeunesse indienne de Neeraj Ghaywan

Juste une illusion d’Olivier Nakache et Éric Toledano

La Corde au cou de Gus Van Sant

CULTURE 🎭

Portfolio : Henry Taylor au musée Picasso

Spectacle : Bovary Madame de Christophe Honoré

Musique : Kim Gordon

KIDS 🧩

Interview : Anna Wanda Gogusey et Camille Victorine

La critique de Célestin, 12 ans : Scarlet et l’éternité de Mamoru Hosoda