
Meilleur film et Meilleur film étranger
L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho
Le carnaval de Rio, une jambe arrachée par un requin, une intrigue à la frères Coen… Impossible de résumer ce film inclassable, sinueux, qui s’empare des années de dictature brésilienne pas le biais du romanesque, de l’horreur, de la série B. A la fois ambitieux et pop, déroutant et populaire, c’est le chouchou de la rédac’. Bonne nouvelle : il est aussi nommé pour l’Oscar du meilleur film étranger.
« L’Agent secret » de Kleber Mendonça Filho : puzzle virtuose à Récife
Meilleure réalisation
Josh Safdie pour Marty Supreme
Josh Safdie sait transformer la boue en or. D’une histoire banale – un pongiste outsider prêt à tout pour gravir les échelons du rêve américain -, il fait une épopée picaresque et existentielle, dans un New-York interlope, filmé à cent allures, saturé de personnages secondaires loufoques. Un film en zigzague, flamboyant, sur l’impossible revanche sociale.
« Marty Supreme » : Timothée Chalamet à la poursuite de la gloire
Meilleur acteur
Wagner Moura dans L’Agent secret
L’ex Pablo Escobar de Narcos campe, dans le film de Kleber Mendonça Filho, un agent trouble en fuite qui vient récupérer son fils dans la ville de Recife en 1977. Astre imprenable autour duquel le film ne cesse de tourner, comme pour percer un mystère gardé intact, Wagner Moura est irrésistible de charme flegmatique, d’ambiguïté. Notre crush unanime de 2026.
Meilleure actrice
Renate Reinsve dans Valeur sentimentale
Chaque film du Norvégien Joachim Trier est une étude minutieuse du visage si singulier de Renate Reinsve, révélée dans Julie (en 12 chapitres). Ici, elle est une actrice tchekhovienne qui voit son père débouler dans sa vie pour un projet de film familial. Qu’elle pleure, rit ou angoisse, l’actrice laisse passer mille nuances de mélancolie dans ses larmes.
Renate Reinsve : « Ce qui me frappe chez Joachim Trier, c’est qu’il ne juge jamais ses personnages »
Meilleur acteur dans un second rôle
Stellan Skarsgård dans Valeur sentimentale
Dans Valeur sentimentale, il relève un pari insensé : jouer un vieux cinéaste, et surtout un vieux père, qui tente de réparer le lien brisé avec ses filles par la magie du 7e art. Colosse au pied d’argile, à la fois largué et touchant, il incarne une paternité écrasante, prisonnier des silences familiaux – tout en réussissant à venir chercher notre empathie.
Meilleure actrice dans un second rôle
Teyana Taylor dans Une bataille après l’autre
On ne la voit que trente minutes dans le film sur vitaminé de Paul Thomas Anderson, mais ça suffit à nous convaincre que l’actrice – également star montante du R’n’B – mérite l’Oscar. Dans la peau de la badass Perfidia Beverly Hills – un nom de super héroïne qui lui va à merveille -, révolutionnaire qui braque des banques tout en étant enceinte, elle fait des merveilles.
« Une bataille après l’autre » de Paul Thomas Anderson : branle-bas de combat en Vista
Meilleur film d’animation
Arco d’Ugo Bienvenu
La French Touch de l’animation est bien présente à Hollywood cette année, grâce au bédéaste français Ugo Bienvenue. Truffée de références intergénérationnelles (de Miyazaki à ET), cette fable écolo aussi maligne qu’inquiétante a conquis le cœur des Américains. On y suit l’histoire d’un enfant venant de l’an 2932 qui enfile une cape aux couleurs arc-en-ciel pour voyager dans le temps. C’est philosophique, drôle, profond.
Dans les coulisses d’« Arco », premier long triomphal d’Ugo Bienvenu