Le Français Ilan Klipper, dont on aimait déjà les docus inspirés (Flics et Commissariat, coréalisés avec Virgil Vernier, et Saint Anne. Hôpital psychiatrique en solo) livre un premier long de fiction à double tranchant sur un écrivain excentrique et parano que ses proches tentent de faire interner.


Ça démarre comme une comédie (drôle) sur un type qui cherche l’inspiration en traînant chez lui en slip. Bruno (l’excellent Laurent Poitrenaux), quinqua un peu mou, a connu le succès avec son premier roman en 1996, mais n’a jamais réussi à en écrire un second. Alors, il traîne sur les réseaux sociaux russes – sur lesquels il déniche des photos WTF qu’il affiche en mosaïque dans son salon -, se passionne pour le thé et le décorum japonais et cherche les bons mots pour draguer ses targets sur Messenger. Un jour, il est réveillé (à 14h) par ses parents et une inconnue. S’ils sont bientôt rejoints par son meilleur ami et son ex, Bruno a toute la peine du monde à se rendre à l’évidence : l’inconnue est psychiatre et tous sont venus pour le faire interner. Klipper opère parfaitement la bascule entre une première partie légère et une deuxième sombre et claustro, usant d’effets d’annonce (la psychiatre avertit les proches à l’avance des réactions qu’il pourrait avoir) et d’un montage fragmenté, répétitif, qui nous immerge dans le cerveau de Bruno en roue libre. Si la violence de cette intervention est dénoncée, le problème reste : comment raccrocher au réel une personne rongée par la paranoïa ? Klipper n’a pas la réponse, mais n’a pas son pareil pour poser les questions.

 


Le Ciel étoilé au-dessus de ma tête d’Ilan Klipper
1h17