L’une des sensations du dernier Festival de Cannes se trouvait – comme souvent – à l’ACID : Thunder Road, portrait tragicomique d’un flic texan dépassé par les événements, révèle le décapant Jim Cummings.


Le rire et les larmes sont inextricablement mêlés dans ce cauchemar éveillé. Dès l’ouverture : un plan séquence d’une dizaine de minutes dans lequel on observe un jeune policier moustachu tenter de rendre hommage à sa mère décédée, à sa manière, fantasque, devant l’assemblée d’une église texane. Un ange passe. La gêne, pas vraiment : le malaise sera l’ingrédient principal de la longue dégringolade de l’officier Jimmy Arnaud, dans une relecture possible, dramatique et burlesque, du Livre de Job. Jim Cummings, qui interprète lui-même Arnaud, alors qu’il n’a jamais pris un cours de comédie (il est aussi réalisateur, producteur et compositeur de Thunder Road), sait donner à son personnage l’étoffe maladroite et paradoxale du loser flamboyant. Car Jimmy Arnaud perd à peu près tout dans le film. Par malchance, étourderie ou idiotie. Évidemment, plus il cherche à arranger les choses, dans un flux ininterrompu d’actes manqués et de gaffes soliloquées, plus il s’enfonce. Irritant ? Oui. Mais sa persévérance dans l’adversité a un parfum de sublime. Elle confère à cette dramédie mentalement perturbée son flot compulsif et dissonant, en équilibre périlleux entre résilience et précipice.


de Jim Cummings
Paname (1 h 31)
Sortie le 12 septembre