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Dans les années 1990, des cinéastes luttent contre les stéréotypes et les confusions à propos du sida (fabulations sur les modes de contamination, rumeur d’un « cancer gay »…) en proposant des représentations moins stigmatisantes. Tout ce que défendait l’artiste et activiste Larry Kramer, fondateur d’Act Up dont le décès est survenu ce 27 mai 2020 — ce pourquoi nous republions cet article de 2017.

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Les Nuits fauves de Cyril Collard (1992, France)

L’histoire d’amour entre Jean, chef opérateur séropositif (Cyril Collard), et Laura, actrice de 17 ans (Romane Bohringer)… Trois jours après le décès du cinéaste, le film est couronné par plusieurs Césars (dont celui du meilleur film). Ce long métrage furieux a déchaîné les passions du public français (près de trois millions d’entrées), mais a aussi provoqué la polémique avec une scène dans laquelle le héros a un rapport non protégé alors qu’il se sait séropositif.

Blue de Derek Jarman (1993, Grande-Bretagne)

Pendant 1h17, un écran bleu. La bande-­son mêle des musiques méditatives et différentes voix off lyriques et solennelles (celle de Jarman ou celle de Tilda Swinton notamment) récitant des poèmes ou des extraits de journaux intimes du cinéaste. Dans ce dernier film, sorti juste avant son décès, le réalisateur britannique choisit le néant, l’abstraction pour représenter la maladie, comme s’il n’y avait pas d’image assez juste ni assez parlante pour la figurer.

Philadelphia de Jonathan Demme (1994, États-Unis)

Ce film hollywoodien évoque le syndrome à travers le récit d’une injustice : avocat, Andrew Beckett (Tom Hanks) est licencié au moment même où apparaissent chez lui les premiers symptômes du sida… Si Philadelphia a été important dans la quête de visibilité et de solidarité des gays par rapport au grand public, le film a été grandement critiqué par certains activistes à cause de sa représentation victimisante de la maladie à travers un homosexuel mourant, émacié et rejeté par la société.

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Kids de Larry Clark (1995, États-Unis)

Jennie, qui fait partie d’une bande d’adolescents new-yorkais consacrant ses journées au skate, à la défonce et à la biture, apprend qu’elle est séropositive. Elle cherche à retrouver Telly, le seul garçon avec lequel elle a couché. Ce dernier enchaîne les rapports non protégés… En instillant une sorte de suspense sensationnaliste (d’autres jeunes filles vont-elles être contaminées ?), Larry Clark, en cinéaste moraliste, filme l’ignorance et le manque de repères de cette génération face au sida.

Zero Patience de John Greyson (1995, Canada)

Dans cette comédie musicale très camp, un sexologue du XIXe siècle à la mentalité bien rétrograde est transporté au début des années 1990. Il prépare une exposition sur le patient zéro, un steward accusé d’avoir introduit le sida en Amérique du Nord. Celui-ci revient d’entre les morts pour prouver qu’il n’est pas le coupable désigné par les institutions et les médias… Dans le droit fil de ses vidéos réalisées pour Act Up, John Greyson déconstruit les discours stigmatisants et les mythes nauséabonds sur le sida.

Jeanne et le garçon formidable d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau (1997, France)

Pensée comme un hommage à Jacques Demy, cette comédie musicale met en scène le désarroi de Jeanne face à la disparition de son amant, mort du sida. Dans le cinéma français, Olivier Ducastel et Jacques Martineau ont été parmi les rares réalisateurs à filmer la lutte contre le virus du point de vue militant et communautaire. Dans ce film, c’est à travers le personnage joué par Jacques Bonnaffé, qui a perdu son amant et se bat aux côtés de l’association Act Up.

Image de couverture : Les Nuits fauves de Cyril Collard

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