« After the Party » sur Arte : une série brillante sur nos renoncements collectifs face aux violences sexuelles

Portée par l’excellente actrice néo-zélandaise Robyn Malcolm, cette série explore avec une grande finesse les ramifications d’une affaire d’agression sexuelle sur mineur qui perturbe une petite communauté.


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Penny est une femme à laquelle on ne la fait pas. Cette prof de biologie célibataire de 50 ans, coach de basket et adepte de kayak, modèle vivant posant nu pour des cours de dessin à ses heures perdues, n’hésite pas à faire la leçon, aussi concise qu’efficace, sur les dangers du porno à des garçons de 14 ans. Peut-être avance-t-elle avec autant d’assurance parce que cinq ans plus tôt sa vie s’est écroulée : au cours d’une soirée arrosée, elle a trouvé son mari, Phil, dans un lit avec le meilleur ami de leur fille.

Persuadée d’avoir vu une agression sexuelle, Penny a porté plainte, en vain, et dénoncé les faits auprès de leur entourage. De tout cela, After the Party ne montrera presque rien au cours de ses six épisodes, dont le premier débute lorsque Phil revient dans la région, après un exil en Écosse. En effet, ce qui intéresse la showrunner Dianne Taylor, c’est moins la catastrophe que ses conséquences dans une petite ville néo-­zélandaise : la relation abîmée de Penny avec sa fille, qui la rend responsable du départ de son père, et celle avec sa mère, qui prend fait et cause pour son gendre ; le malaise des amis et des collègues face à cette femme qui parle trop fort.

After the Party a l’excellente idée de ne pas en faire une héroïne courageuse, mais bien l’une de ces personnalités ambivalentes que l’on ne peut pas toujours suivre : agaçante à cause de son opiniâtreté, irréfléchie dans la forme de ses actions. L’actrice Robyn Malcolm impressionne en bulldozer fragile face à un Peter Mullan aussi drôle qu’inquiétant. Surtout, le scénario, qui ne confond jamais nuance et confusion, s’empare avec brio de son sujet complexe, disséquant les mécanismes du gaslighting et l’impossibilité de prendre uniquement position sur la base de décisions judiciaires qui n’arrivent pas. Sombre, sans dolorisme, After the Party n’est pas une série facile à regarder, mais elle tend un miroir étourdissant à nos renoncements collectifs face aux violences sexuelles.

disponible sur arte.tv