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[HOMMAGE] Max von Sydow en cinq rôles emblématiques

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Après Kirk Douglas, c’est un autre monument du cinéma qui vient de nous quitter : Max von Sydow est décédé le 8 mars à l’âge de 90 ans. De sa première collaboration avec Ingmar Bergman en 1957 à sa récente apparition dans l’introduction de Star Wars, épisode VII Le Réveil de la Force de J. J. Abrams en 2015, l’acteur franco-suédois a traversé plus d’un demi-siècle de cinéma des deux côtés de l’Atlantique, avec des réalisateurs de renoms tels que Sydney Pollack, Alberto Lattuada, John Millius, David Lynch, Andreï Kontchalovski, Lars von Trier, Steven Spielberg, Ridley Scott ou encore Thomas Vinterberg. Une filmographie monumentale, qu’on vous propose de redécouvrir en 5 rôles marquants.

Le Septième Sceau, Ingmar Bergman (1957)

Première d’une longue série de collaborations (dix au total) entre Max von Sydow et Ingmar Bergman, Le Septième Sceau incarne peut-être la quintessence du cinéma psychanalytique, onirique et existentiel du réalisateur de La Source (1959). Dans la plus célèbre scène du film, Max von Sydow – qui incarne un chevalier de retour en Suède après dix ans de croisades – propose à la Mort elle-même (inoubliable Bengt Ekerot) de la défier lors d’une partie de jeu d’échec au bord de la plage. Une séquence cruellement ironique, maintes fois parodiée – de John McTiernan dans le chef d’oeuvre méta Last Action Hero (1993) à Brian De Palma dans son film d’étudiant Woton’s Wake (1962) –, qui a scellé dans notre imaginaire Max von Sydow en chevalier prêt à défier l’instance fatidique.

L’Exorciste, William Friedkin (1973)

C’est en le découvrant chez Ingmar Bergman que William Friedkin a décidé que Max von Sydow incarnerait le père Merrin de son célèbre Exorciste. Alors âgé d’une quarantaine d’années, l’acteur subit de longues heures de maquillages afin de se glisser dans la peau d’un prêtre (du double de son âge) chargé de délivrer du mal la jeune Reagan possédée par le démon Pazuzu. Le réalisateur de Police fédérale Los Angeles (1985) a immortalisé l’acteur en une silhouette inoubliable, finement dessinée par un halo de lumière donnant l’un des plans – et l’une des affiches – les plus iconiques du cinéma. Une arrivée ténébreuse, inspirée d’après Friedkin par la peinture surréaliste de Magritte.

La Mort en direct, Bertrand Tavernier (1980)

Presque vingt ans avant Big Brother (émission de télé-réalité néerlandaise), le cinéaste-cinéphile Bertrand Tavernier prédisait l’explosion des émissions de télévisions surfant sur le désir voyeuriste. Très orwellien, La Mort en direct se déroule dans un futur proche, où Romy Schneider incarne une écrivaine qui, refusant que sa mort soit diffusée à la télévision, est tout de même filmée à son insu. Max von Sydow interprète l’ancien mari de Schneider, chez qui elle vient se recueillir après nombres de péripéties tumultueuses : un rôle à contre emploi, optimiste et bienveillant, bien éloigné de ses précédents personnages épris par le doute et le mal, qui confirmait le désir de l’acteur francophilie de tourner avec des metteurs en scène français – comme l’affirme Bertrand Tavernier ici.

Flash Gordon, Mike Hodges (1980)

Très loin des contrées psychanalytiques et christiques vers lesquelles Bergman et Friedkin ont emmené Max von Sydow, Flash Gordon est un pur produit de son époque, naïf, candide et nanardesque, mais pour lequel on éprouve une certaine tendresse. Dans ces images délirantes, un joueur de football américain est propulsé dans un monde extra-terrestre et doit affronter Max von Sydow dans la peau du terrible empereur Ming qui règne sur la galaxie. Affublé d’une barbe à la Fu Manchu, l’acteur s’en donne à cœur joie dans le cabotinage carnavalesque, affirmant son goût pour le travestissement et devient dès lors une figure du comic book au cinéma – qu’il va à nouveau déployer dans l’épique Conan le Barbare (1982) et le décevant Judge Dreed (1995). Un sens de l’auto-dérision proprement réjouissant dont voici quelques images, sur la musique entêtante de Queen :

Minority Report, Steven Spielberg (2002)

Quelques années avant que Martin Scorsese (il a d’ailleurs écrit quelques mots sur la disparition de l’acteur à lire ici) lui confie le rôle du Docteur Naehring, chargé de diagnostiquer un Leonardo DiCaprio pris de folie sur une île angoissante dans Shutter Island (2010), Steven Spielberg réutilisait déjà tout l’iconologie et l’héritage « bergmanien » que véhiculait Max von Sydow. Dès les premières minutes, Tom Cruise manipule des images projeté sur un écran qui prévoient des crimes futures. Une plongée dans les névroses avec un dispositif qui fait fortement écho à celui de Persona (1966) où un enfant tend sa main, en amorce du plan, vers le visage projeté à l’écran de Bibi Andersson fusionnant avec celui de Liv Ullmann. Dans cette adaptation de Philip K Dick, Max von Sydow incarne le directeur de la Cellule Anti-Criminelle pour laquelle travaille John Anderton (Tom Cruise), qui commence à douter de sa santé psychique avant de comprendre que son supérieur manigance toute une supercherie psychologique pour l’atteindre..

Image :
© 1973 – Warner Brothers – All Rights Reserved
Capture YouTube

 

Esteban Jimenez

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