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MUSIQUE — L’album du mois : « Gold Record » de Bill Callahan

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Ce mois-ci, focus sur l’album folk « Gold Record » de Bill Callahan et sa galerie de beaux et touchants personnages romanesques.

La cadence paraît placide dans les folk songs de Bill Callahan : l’allure chaloupée d’un cow-boy sur sa monture. Mais à rebours de ce rassurant fantasme d’americana, le western s’avère moins contemplatif que prévu. Structures refusant la traditionnelle alternance couplet-refrain, quitte à se tenir de guingois. Micro-embardées mélodiques décollant brusquement d’un phrasé monocorde. Textes mi-caustiques mi-déchirants, vagabondant au gré d’une fantaisie primesautière. Il y a là une belle spontanéité, fruit d’une genèse express. « J’ai tout enregistré en une semaine, précise Callahan, juste avant la tournée de l’album précédent. C’est rapide. Pour l’écriture, pareil, je me suis mis des dates limite de huit jours maximum pour chaque chanson. »

Rescapé des tourments de l’époque où il se faisait appeler Smog (1990-2005), le chanteur guitariste, désormais quinqua et papa d’un fils de cinq ans, fait ce qu’il sait si bien faire sur ce septième album sous son propre nom : s’effacer derrière une galerie de personnages, en nouvelliste. Il conte l’histoire, bouleversante de pudeur, d’un vieux couple portant le deuil d’un fils (« The Mackenzies »), ou encore les états d’âme, à bord d’un tour bus reliant le Texas au Mexique, d’une musicienne qui ne parvient plus à s’identifier aux romans qu’elle lit. Un sentiment bien connu de Callahan : « Quand j’avais la vingtaine, j’avais parfois l’impression que l’écrivain était allé piocher des pensées directement dans mon cerveau. Mais après des années de lecture s’impose un moment où il faut penser par soi-même. » Tel un homme accompli ? « Partiellement, oui. Ou un funambule, marchant sans filet au-dessus du vide. » Pas si apaisé, le vieux cow-boy. 

Si ton album était un film

« Un type conduit une voiture cabossée à travers les États-Unis. Il fait des rencontres variées. C’est un road movie à la Wim Wenders – j’adore Faux mouvement, son film sorti dans les années 1970, avec Nastassja Kinski. Dans le rôle principal, je verrais bien Bob Odenkirk de Better Call Saul – j’aime les acteurs comiques à contre-emploi, comme Jack Black dans Bernie de Richard Linklater, ça apporte un supplément de substance à leur jeu “sérieux”. Derrière la caméra, Amy Seimetz, qui a réalisé le thriller Sun Don’t Shine. » Bill Callahan

: « Gold Record »(Drag City) est disponible sur les plateformes de Spotify ou Deezer.

Image : Bill Callahan par Hanly Banks Callahan

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