
Alice et Steve s’aiment comme on le montre encore rarement à l’écran. Amis depuis des dizaines d’années, ils partagent tout : leurs galères de boulot, leurs galères sentimentales, leurs galères de soirée lorsqu’ils s’aperçoivent qu’autour d’eux tout le monde est beaucoup plus jeune, mais que leur sachet de coke, en revanche, a peut-être bien leur âge. Le jour où Izzy, la fille d’Alice, revient s’installer à la maison après une rupture, tout bascule. La jeune femme de 26 ans tombe amoureuse de Steve, et réciproquement. Alice le vit comme une trahison, jure leur perte et engage un combat acharné contre les amants terribles. Une guerre des tranchées hilarante pendant laquelle tous les coups sont permis, de la révélation de vieilles vidéos en état d’ivresse à la confiscation d’un bouledogue adoré…
Sous cet humour féroce très british, la créatrice de la série Sophie Goodhart, passée par le pool de scénaristes de Sex Education, fait émerger un discours fin et nuancé sur l’importance des amitiés qui perdurent, la différence d’âge dans le couple (qui n’apparaît ni romantisée ni diabolisée), les relations filiales et les constructions sociales autour de l’amour. Dans une scène brillamment dialoguée, Alice explique ainsi à son mari, Daniel, qu’elle l’aime profondément, mais que leur couple ne peut lui suffire à traverser, heureuse, l’existence. Moderne, intelligente, Alice et Steve offre aussi à Nicola Walker, tour à tour méchante et attachante, et Jemaine Clement, ancienne moitié du duo Flight of the Conchords tout en sensibilité maladroite, deux partitions de choix. Et si les six épisodes de trente minutes passent très vite, avec une narration au galop, c’est aussi le propre d’une bonne série que de savoir ne pas s’appesantir trop longtemps, au risque de rompre son propre équilibre.
Disponible sur Disney+.
