
Libertaire, la personnalité de Johanna l’est assurément. À contre-courant de tout et de tout le monde, elle se ramène en tenue moulante dans l’usine où elle assemble des montres de luxe. Personne ne se doute de son passé. Ni sa voisine de poste, qui jalouse ses seins trop parfaits, ni son boss, à qui elle ose demander des congés hors des traditionnelles vacances horlogères.
C’est qu’en cet été de tous les possibles, Johanna s’est mise en tête de remettre en état sa vieille Coccinelle. Elle écume les salons de tuning à la recherche d’un moteur pour retaper son engin. On comprend vite qu’elle a fait de même avec son corps, dans lequel elle se meut désormais avec fierté et insouciance. Comme s’il s’agissait d’une évidence, l’imagerie queer et trans se mêle délicieusement à celle des sports mécaniques. Et l’on se prend à rêver de courses de “drag” d’un tout autre genre.
Cette aventure cocasse emmène notre pilote amatrice à la rencontre de personnages eux aussi à la marge et sans jugement : d’une libraire militante au capitaine d’une embarcation loufoque qui descend le Rhône. Céline Carridroit et Aline Suter font vrombir le cinéma suisse d’une mélodie aussi revigorante qu’inattendue.