
Un t-shirt qui brûle sur une table à repasser. Un regard hagard qui s’attarde. Une colère un peu trop gratuite. Minimes sont les détails qui font basculer une vie. C’est ainsi que Sarah comprend que quelque chose ne va pas avec sa maman. Passée la période de doute où l’on préfère blâmer la ménopause ou un petit coup de pompe, le verdict tombe : Midge est atteinte de la maladie d’Alzheimer.
Adapté du roman graphique éponyme et autobiographique de Sarah Leavitt, Tangles capte avec honnêteté ce basculement cruel de proche à aidant, cette mise entre parenthèses d’une existence pour accompagner celle qui s’efface. Bouleversant, ce premier film de Leah Nelson l’est, mais il ne s’y vautre pas.
Si le film traduit avec beaucoup d’acuité l’enfer de la maladie, il est aussi un grand film d’amour. Amour filial, amour sororal, mais aussi, et surtout, le grand amour, entre Sarah et celle qu’elle rencontre juste avant que tout ne parte à vau-l’eau, Donimo. Grâce à son animation noir et blanc, qui s’autorise toutes les palettes de gris comme autant de déclinaison des émotions, Leah Nelson parvient à rendre l’invisible tangible, aussi bien le désir au premier regard que des neurones qui s’effilochent. Plus fort encore, elle réussit à faire rire. Sarah vivant en Californie tandis que ses parents résident dans le Maine, les trajets en avion deviennent une bulle introspective hilarante, rythmée par une voix d’hôtesse de l’air. Porté par un casting vocal de haute volée — de Julia Louis-Dreyfus à Bryan Cranston, en passant par Seth Rogen — Tangles est un baume au cœur.
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