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Spike Lee présidera le jury 2020 du Festival de Cannes

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Habitué du tapis rouge, le réalisateur a déjà été couronné du Grand Prix du Jury en 2018 pour sa satire féroce BlackkKlansman.

C’est bien connu: Cannes ne fait pas qu’exister deux semaines dans l’année, mais commence à rayonner dès la révélation de son président du jury -un rituel hyper attendu qui annonce bien d’autres festivités: pronostics autour du palmarès, suspens autour du retour des grands chouchous de la Croisette et sélections-surprises. Cette année, c’est à un cinéaste qui entretient des liens tout particuliers avec le Festival que le Président Pierre Lescure, et Thierry Frémaux, délégué général, ont confié l’honneur de désigner le successeur de Parasite: Spike Lee. A 62 ans, le cinéaste a foulé à plusieurs reprises le tapis rouge cannois.

En 1986, il présente à la Quinzaine des Réalisateurs Nola Darling n’en fait qu’à sa tête, son premier film-guérilla tourné en deux semaines, sur une jeune femme noire naviguant entre trois amants, qui remporte alors le prix de la jeunesse. Liberté de ton, diversité des sexualités représentées à l’écran, esprit farouchement opposé aux canons classiques: Spike Lee y impose déjà sa patte anti-conformiste, engagée, qui ne cessera d’évoluer vers des œuvres de plus en plus incisives et sensibles aux causes contemporaines.

Après avoir présenté Do The Right Thing en 1989, plongée moite et électrique dans un Brooklyn caniculaire sous tensions raciales, il revient à Cannes en 1991 avec Jungle Fever (en compétition officielle), Girl 6 en 1996 (hors compétition), Summer of Sam en 1999 à la Quinzaine des Réalisateurs, et Ten Minutes Older en 2002 à Un Certain Regard. Avant que BlackkKlansman, sa farce jouissive contre l’Amérique raciste de Donald Trump, remporte le Grand prix, puis rafle l’Oscar du meilleur scénario à Hollywood.

Une relation passionnelle au Festival de Cannes (parfois contrariée, on pense notamment à sa déception lorsque Wim Wenders, alors président du Jury, ne lui décerne pas la Palme pour Do The Right Thing) que le cinéaste a longuement évoqué dans un communiqué officiel plein d’enthousiasme:

« Tout au long de ma vie, les événements heureux me sont arrivés de façon inopinée sans que je m’y attende. Quand on m’a appelé pour devenir Président du Jury de Cannes en 2020, je n’en suis pas revenu, j’étais à la fois heureux, surpris et fier. À titre personnel, le Festival de Cannes (outre le fait qu’il soit le plus grand festival de cinéma au monde – sans vouloir offenser qui que ce soit) a eu un impact énorme sur ma carrière de cinéaste. On pourrait même aller jusqu’à dire que Cannes a façonné ma trajectoire dans le cinéma mondial. »

Une déclaration intense qui laisse présager que Spike Lee va se plonger corps et âme dans son rôle de président, mais qui épouse aussi des contours plus politiques. Comme le rappelle Le Monde, « avec Lee Daniels (candidat à la Palme d’or en 2012 avec Paperboy), Spike Lee est le seul Afro-Américain à avoir été sélectionné en compétition à Cannes », et « la première personne de la diaspora africaine (États-Unis) à assurer la présidence du Jury de Cannes et d’un grand festival », comme il l’a lui-même dit. « La personnalité flamboyante de Spike Lee promet beaucoup. Quel Président de Jury sera-t-il ? Rendez-vous à Cannes ! » » ont lancé les organisateurs. Un président citoyen et politique, qui saura faire résonner le palmarès avec les soubresauts de notre époque, à n’en pas douter.

Image: Capture d’écran

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