
Sur le papier, le pitch de Projet Dernière Chance semble avoir déjà été raconté des dizaines de fois. À bord d’un vaisseau spatial high-tech, un homme amnésique se réveille, seul rescapé d’une mission périlleuse aux confins du système solaire. Ici, l’heureux élu c’est Dr Grace, professeur de science solitaire, devenu astronaute malgré lui, qui doit trouver une solution pour empêcher une mystérieuse forme de vie de détruire le Soleil, et alors rendre la Terre inhabitable.
Loin de n’être qu’une pâle copie de ses prédécesseurs – même si on pense forcément à Interstellar, Ad Astra, Premier Contact ou même E.T -, le film de Phil Lord et Christopher Miller (scénaristes et producteurs de la saga animée Spider-Man : Into the Spider Verse) trouve un ton bien à lui, délaissant le huis-clos anxiogène pour un buddy movie redoutable. Car en orbite à des milliers d’années-lumières de sa planète, Dr Grace (Ryan Gosling, toujours excellent dans le registre comique) n’est pas seul.
Rapidement, il rencontre Rocky, une étrange, mais adorable créature avec qui il va nouer une relation particulière. Cette variation bienveillante sur le thème de la rencontre du troisième type ancre Projet Dernière Chance dans un registre familial bon enfant mais permet surtout à ses créateurs de distiller un propos politique discret mais résolument progressiste, qui privilégie la cohabitation et la coopération à la méfiance et à l’agression.
Dynamisée par une mise en scène graphique et immersive, cette odyssée intergalactique tire aussi sa force d’un scénario cohérent, traversé par une éco‑anxiété très contemporaine, qui préfère le plausible au spectaculaire. Et si Ryan Gosling est le noyau dur du film, Sandra Hüller, impeccable dans la peau d’une commandante ultra rationnelle et rigoureuse, n’hésite pas à lui voler un peu de lumière. Au moins le temps d’une scène inattendue, destinée à devenir une des meilleures séquences de karaoké de l’année 2026.
Projet Dernière Chance de Phil Lord et Christopher Miller (Sony Pictures, 2h37) sortie le 18 mars
