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[PODCAST] Laura Mulvey analyse l’oeuvre avant-gardiste de Chantal Akerman

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Pour l’universitaire américaine, Chantal Akerman n’a pas seulement donné une visibilité aux récits féminins, mais a aussi révolutionné le cinéma par des inventions formelles radicales.

On ne les présente plus, ni l’une ni l’autre. La première a établi le concept clé de « male gaze » (cette idée que le regard masculin hétérosexuel est hégémonique dans notre culture visuelle), la seconde a fait du travail domestique et de la prostitution des enjeux politiques dans Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles. Rien d’étonnant à ce que Laura Mulvey admire le travail de Chantal Akerman, qui a brisé toutes les conventions du cinéma classique pour se défaire des « normes oppressives » dont parle la théoricienne dans son essai Visual pleasure and narrative cinema, publié en 1975 dans la revue Screen.

Ça tombe bien, on a déniché un épisode du podcast américain « Bow Down: Women in Art » dans lequel Laura Mulvey revient sur la vie tourmentée et l’oeuvre pionnière de Chantal Akerman. Elle y explique que sans même se revendiquer « féministe », Chantal Akerman a renversé la perspective dominante du male gaze par la puissance d’un dispositif de mise en scène radical, sans concession.

A travers des exemples concrets, l’universitaire américaine montre comment Akerman n’a pas seulement proposé de nouvelles représentations autour des femmes, mais a révolutionné en profondeur les principes narratifs du cinéma classique: refus du spectaculaire au profit de la banalité et du minimalisme pour amener le spectateur à réévaluer le monde qui l’entoure, affirmation d’un point de vue entièrement subjectif, goût pour les longs plan-séquences épurés… Laura Mulvey évoque aussi la jeunesse de la cinéaste belge, le poids lourd de l’histoire sur sa famille – ses grands parents et sa mère ont été déportés à Auschwitz et seule cette dernière a survécu -, la naissance de sa vocation survenue avec Pierrot le fou de Jean-Luc Godard, l’influence du cinéaste américain Jonas Mekas sur son travail, mais aussi la façon dont ses films ont continué d’accompagner à travers le temps les revendications féministes.

Image: Jeanne Dielman, 23, quai du commerce, 1080 Bruxelles, Copyright Olympic Films

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