
Dans son found footage malin Milk & Serial (2024), fait à la main avec le duo comique et horrifique That’s a bad idea qu’il forme avec Cooper Tomlinson, un prank entre amis tournait très mal. C’était déjà la même logique jusqu’au-boutiste : user de l’horreur pour révéler avec effroi tout le malaise d’une situation naturalisée. Ce sont les notions de consentement, d’emprise et de masculinité toxique que travaille ici Curry Barker, en imaginant que son protagoniste, Bear (Michael Johnston), peut voir un vœu s’exaucer en achetant un objet magique. Le jeune homme timide fait alors le souhait que son crush, Nikki (Inde Navarette), qui le considère comme un simple ami, « l’aime plus que tout ». Ce fantasme objectivant va se retourner contre lui.
Soudain hantée par une entité obsédée par Bear, Nikki apparaît alors tout en regards glaçants, en grimaces tordues et en gestes violents, dans une mise en scène jouant de dérèglements fugaces. Mais est-elle vraiment plus terrifiante que Bear, qui se révèle tout autant insidieusement possédé par une culture masculiniste ? Leurs amis communs semblent en tout cas plus inquiets de son comportement problématique (même s’il se montre doux et bien sous tous rapports) que de celui de Nikki… Curry Barker réalise un retournement habile et contemporain du film de possession.
Obsession de Curry Barker, Le Pacte (1 h 48), en salle le 13 mai.
